Aloys Fouda : La poule aux oeufs d’or qu’on veut tuer

Depuis la signature de son contrat à Caen en août 2018, des luttes d’intérêts risquent de plomber la carrière du jeune international camerounais.

C’est une affaire d’argent. Et rien qu’à cause de l’argent, mais surtout de la boulimie des encadreurs du jeune Aloys Fouda, la pépite que le Stade Malherbe de Caen a enrôlé dans ses effectifs depuis le mois d’août 2018 qu’on risque de tout perdre, avec des conséquences incalculables. Le jeune international camerounais est arrivé à l’Ecole de football des Brasseries du Cameroun (EFBC) en 2013. Cela s’est matérialisé par l’engagement de Balla Fouda, son père, ce centre de formation de réputation internationale, en Août 2013. C’était à l’issue de la Coupe Top de la même année. Le contrat du joueur en formation avait une durée maximale de trois ans. Sauf qu’à l’issue de la durée de cette formation le joueur s’engage avec Internationale Fc de Yaoundé. Entre temps, le joueur a fait la sélection nationale
U17 et a pris part à la Can de cette catégorie disputée au Gabon en 2017. Les problèmes vont commencer quand Balla Fouda décide d’assigner Jean Flaubert Nono, le manager de l’EFBC en en justice, pour « faux en écriture privée », par le truchement de Christian Mbongo, expert et agent Fifa en matière de litiges, le 10 avril 2018. Il dénonçait ici un avenant qu’il n’a pas signé lors de l’engagement de son fils à l’EFBC. Or, c’est ce document que le manager de l’EFBC brandissait pour justifier la prolongation du contrat de formation du jeune footballeur jusqu’en 2019.

Falsification des documents
Pendant que la procédure suite son cours, Aloys Fouda est recruté par Caen. Seulement, l’EFBC ne veut pas se contenter des 100.000 euros (650 millions FCFa environ) d’indemnités de formation pour les trois années que le jeunes de 18 ans a suivies, mais réclame 190.000 euros (1.235.000.000 FCFa). Or le passeport Fifa du joueur sur lequel est adossée la réclamation de Jean Flaubert Nono, indique son appartenance) l’EFBC avec même une licence. Sauf que l’authenticité de ce passeport est contestée. Selon nos confrères du site Internet Camfoot, ce passeport mentionne qu’Aloys Fouda était sous contrat avec l’EFBC durant la saison 2016-2017. En l’examinant, on se rend bien compte qu’il s’agit d’un faux. Le signataire de ce document Martin Etonge n’occupait plus les fonctions de SG de la Fécafoot, le 25 octobre dernier, date de signature de ce passeport FIFA (Il avait été remplacé par Benjamin Banlock, le 24 octobre 2018).

Nos confrères soutiennent avoir joint l’ancien secrétaire général de la fédération qui a confirmé qu’il s’agit d’un faux document : « En dehors de ma signature, il doit toujours y avoir, au moins un visa de la personne qui a vérifié les informations… Tous les passeports des joueurs qui passent officiellement à la Fécafoot doivent avoir le visa de la personne qui a vérifié cette information… Si le passeport n’a pas été griffé, si ce que ce passeport-là est faux ». Or, le passeport qu’a émis Jean Flaubert Nono ne porte aucune signature autre que celle de Martin Etonge. L’atmosphère embaumée par ces accusations, Jean-Flaubert Nono a publié un communiqué dans lequel il clame son innocence et celle de son institution. « Nul n’a jamais contesté alors la présence du joueur au sein de notre structure pour la simple et bonne raison qu’elle s’inscrivait dans le cadre naturel des accords pris par lui-même au moment de son intégration à l’EFBC en août 2013.

Jean-Flaubert Nono accuse
Nous regrettons que, suite aux prestations réalisées lors de la CAN par le joueur, ce dernier et sa famille aient été les victimes d’agents de joueurs camerounais et que poussés par eux ils s’engagent dans une voie tendant à perturber la relation de confiance établie avec notre structure. Nous regrettons également que poussés par ces agents de joueur ils aient remis en cause l’établissement de la licence 2016/2017 incitant la FECAFOOT à l’annuler dans un premier temps, avant finalement au regard des faits de la rétablir comme le mentionne le passeport sportif du joueur en vigueur. Ces personnes les ont en effet mis dans une situation délicate car sous la menace de devoir lourdement indemniser l’EFBC pour rupture des accords les liant à notre structure », accuse le manager de l’EFBC. Jean Flaubert Nono voit derrière cette affaire la main noire des agents camerounais qu’il ne manque pas de dénoncer et qui risquent de noyer le club français.

« Force est de constater au regard des échanges que nous avons eu (sic) récemment avec ce club que là encore ces agents de joueurs camerounais n’aurait pas fait preuve de la plus grande transparence vis-à-vis de ce club français, plaçant donc le SM CAEN lui aussi dans une situation délicate. L’EFBC veillera à ce que ses intérêts soient préservés et mènera toutes les actions dans cette optique tout en ne manquant toutefois pas de s’amuser des gesticulations de ces agents de joueurs que « la patrouille semble vouloir rattraper ». Dans cette affaire, le perdant risquera d’être le jeune footballeur, sociétaire d’International Fc de Yaoundé au moment de son transfert en août dernier, qui a aussi droit aux indemnités de formation, si les uns et les autres continuent de se regarder en chiens de faïence. Et de là à penser que dans cette affaire, il y a le bon, la brute et le truand.

Achille Chountsa

Sports

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