Célestin Bedzigui : Cameroon, failed state? cela ne saurait s’accepter

L’homme politique propose de libérer les personnes en détention.

Quel est ce pays où des actes réglementaires estampillés « confidentiel » se retrouvent en photocopie sur les réseaux sociaux quelques fois même le lendemain de leur signature ?
Alors qu’il est établi que le social génère le juridique, quel est ce pays où le discours tribaliste et d’incitation à la haute haine prolifère sur les Réseaux Sociaux sans que d’initiative gouvernementale ou parlementaire, une législation destinée à réprimer cette pratique qui est une vraie atteinte à la cohésion de la nation ne soit adoptée ?

De fait, il faut se demander s’il y a encore un État au Cameroun , en dehors, comme le disent certains, de la pratique de petites manoeuvres de pérennisation du système et régime en place. Pire, ces mêmes certains, de plus en plus nombreux, se demandent si le Cameroun est encore gouverné par ceux qui sont aux commandes de l’Etat, au sens du maintien d’un cap vers un objectif républicain de préservation du prestige de l’administration et de prévention des dérives de délitement de la société ? Le succès de certaines entreprises de manipulation et de distraction de l’oponion ne peut d’ailleurs que susciter plus d’inquiétude.

Tel est le cas de l’annonce d’une décentralisation qui selon d’autres évite de soulever la question centrale de l’hyper concentration du pouvoir dans ce pays, Tel est également le cas de l’annonce tambour battant des élections locales, conseil départemental et conseil régional, alors que comme le prétendre ces mêmes autres à l’exemple du Sénat, il ne s’agira que d’institutions essentiellement budgetivores qui n’auront aucune incidence positive sur la gouvernance de ce pays, sachant par ailleurs qu’à date, aucun parti politique ne se distingue , mis à part un discours essentiellement à charge ne servant que du réchauffé , aucun parti, dis-je, ne se distingue par un programme portant une promesse crédible de la résolution des problèmes des camerounais. Les esprits éclairés et patriotes ne peuvent donc que commencer à penser à une refondation de la pensée et de l’action politique dans notre pays, au regard du constat de l’échec qui s’étale sous nos yeux de voir la médiation des divergences politiques se régler par l’embastillement des contradicteurs dans les cellules pour grands bandits du GSO ou par leur comparution devant le Tribunal Militaire .

Sommes-nous revenus au temps des centres de torture des BMM ou des Tribunaux d’exception des temps torrides de Ahidjo? A certains qui diraient qu’on n’y est pas, je répondrais que nous n’en sommes plus éloignés. Et de se demander alors où sont passés les acquis obtenus depuis les Lois sur les Libertés Publiques de 199O jusqu’à l’installation du Conseil Constitutionnel en 2018, en passant par la réforme constitutionnelle de 1996 , et le dessaisissement du contrôle des élections par le MINAT pour un « glissement » entre les mains hier de l’Onel et aujourd’hui d’Elecam. Et je prolongerai l’écho de ma voix en me tournant vers le Président de la République
pour rappeler ses mots du début des années 1980 où il disait, en paraphrasant ; « Nul n’aura plus à entrer au maquis pour faire entendre son opinion « .

J’ai la faiblesse de penser que le GSO et le Tribunal Militaire ne sont pas si éloigné du maquis, entendu que les deux exposent à la mort, comme le maquis le faisait. Et pour éloigner le Cameroun de l’pithete peu honorable de « Failed State « , revenons donc à notre niveau de pays qui avance et refuse de reculer.politiquement parlant, la leçon ayant été bien comprise, j’en suis certain, par les uns et les autres. Le Chef Traditionnel Bantou que je suis convoque la sagesse des ancêtres qui nous enseigne que : « Trop de sel n’est pas nécessaire pour l’assaisonnement à point d’un met ». Par souci de rédemption politique, un seul geste suffit donc ici : Arrêter toute pousuite des personnes aujourd’hui en détention à la suite des tristes événements survenus en Février 2019. La Paix et la concorde nationales y gagneraient..

*Chef Traditionnel
Officier de l’Ordre de laValeur
Président du Parti de l’alliance liberale (PAL)

Opinion, Une

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