Cinéma : Chantal Julie Nlend rétablit un héros méconnu

La réalisatrice présente « Mémoire d’un patriote », un documentaire sur le parcours de sa majesté Mbock Balema, figure inconnue de la guerre pour l’indépendance au Cameroun.

«Mémoire d’un patriote » a été projeté en avant-première ce week-end au Cameroun. Notamment le 25 juillet au cinéma Eden à Douala et toute la journée du 27 juillet à la salle Sita Bella de Yaoundé. C’est un documentaire historique de format full HD produit par le Gic globe culturelle la côtière et réalisé par Chantal Julie Nlend. Tiré d’un livre éponyme de Chantal Julie Nlend publié en 2016 aux éditions « Proximité », il retrace le parcours d’une figure méconnue de l’histoire du Cameroun. Mbock Balema, grand-père de la réalisatrice est mort presque centenaire dans l’indifférence. Pourtant, celui qui fut chef coutumier de 2ème degré dans le canton Babimbi à Ndom dans la Sanaga-maritime, région du Littoral, aura joué un rôle majeur dans le développement de son canton en s’investissant dans la construction des routes, des écoles, etc.

Homme politique écouté de ses populations, il a été selon Chantal Julie Nlend, un artisan de la paix dans les années post-indépendance. Personnage pacifique, il sera prit entre « le marteau colonial » et « l’enclume upéciste ». « Il fera la prison pour avoir protégé sa population contre les exactions du commando militaire venu combattre l’Upc et luttera contre les enrôlements forcés des villageois par l’Upc », explique sa petite-fille. Avec ce documentaire, vibrant hommage à son aïeul, Chantal Julie Nlend fait entrer le cinéphile dans l’intimité de sa famille. Mbock Balema est filmé entouré de ses petits et arrière-petits-enfants. « Mon film n’est pas destiné à rétablir mon grand-père en comparaison avec Um Nyobè, mais à éduquer, à saluer sa mémoire, ses combats qui n’étaient pas bien compris des autorités.

Cette production s’adresse aux jeunes afin qu’ils s’en inspirent pour révéler des personnages qui ont joué des rôles importants dans notre histoire et sont malheureusement inconnus du grand public », souligne cette femme de culture ayant assisté son grand-père durant ses derniers instants de vie. « Je me suis vraiment rapproché de lui, je lui posais des questions et je me suis rendu compte que ce monsieur qui était mon grand-père était une bibliothèque, qu’ on avait beaucoup de choses à apprendre de lui. Et dans le cadre de ce film, il faut bien que l’on dise l’essentiel sans pour autant fatiguer le spectateur », explique Chantal Julie Nlend.

Au-delà de l’histoire de Mbock Balema, on découvre une réalisatrice sensible, passionnée par l’histoire de sa famille, de son pays qu’elle travaille à faire connaître. Tout en invitant les autres en à faire autant. « J’ai commencé à faire des recherches approfondies dès 1999 qui ont abouti à ce documentaire. Je suis sûre que ce n’est pas tout ce que je pouvais dire mais je crois en avoir dit assez pour que les camerounais comprennent qu’il ne faut pas attendre que quelqu’un d’autre vienne nous parler de nous-même. Nous avons d’autres patriotes. J’invite par conséquent les jeunes à se rendre dans leurs villages et ils seront surpris de ce qu’ils vont découvrir dans les espaces de vie », dit-elle en guise de conseil.

Elsa Kane

Culture, Une

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