Cinéma : Cyrille Masso dévoile les repentis de Boko Haram

Pionnier dans l’univers de la production indépendante au Cameroun, le producteur camerounais lègue à la postérité, les « Les repentis », la première série avant-gardiste de l’Afrique subsaharienne sur la psychose de la réapparition et de l’intégration des terroristes dans leur communauté.

Historique ! La projection de la série « Adamu et Goni » a séduit plusieurs cinéphiles dans la salle Sita Bella le mercredi 5 juin 2019 à Yaoundé. Et pour les situer sur cette série au format 26 mn .26 axée sur la thématique de la lutte contre les extrémismes et la violence, Cyrille Masso, le producteur et pionnier dans l’univers de la production indépendante au Cameroun a présenté les épisodes 7 et 26. Cet héritage qu’il lègue à la postérité présente Adamu Musa, un ex combattant de Boko Haram qui met en place une stratégie de réinsertion des jeunes afin d’empêcher leur recrutement dans la secte terroriste. Avec lui, Goni, une jeune femme retenue captive par la secte.

Après avoir passé quelques semaines d’observation dans un camp militaire, il retourne dans son village espérant mener une vie ordinaire. Il est honni par les siens qui vivent encore la terreur engendrée par sa bande dans la région de l’Extrême-Nord aux prises des attaques récurrentes du groupe terroriste Boko Haram, logé dans le Nord du Nigéria. Ce drame social présenté sur le support Full HD-16/9-stéréo tourné dans cette partie du Cameroun explore l’histoire de ces nombreuses personnes qui gardent une cicatrice indélébile et crient justice et vengeance.

Tel est le cas d’une jeune fille accueillie à bras ouvert par sa famille qui au bout de trois semaines a égorgé ses deux petites sœurs et bu leur sang. Alors est-il possible pour un terroriste de mener une vie normale ? Peut-on réellement retourner à une vie normale après avoir vécu dans la barbarie la plus totale ? Revenir auprès des siens après leur avoir infligé autant beaucoup de mal ? Comment faire d’eux des agents de développement et non de guerre ? La communauté est formelle : « Un terroriste ça ne change jamais ! Ils sont tous des tueurs et n’assument jamais », déclare le chef de la communauté.

Telle est la question centrale qui a inspiré les auteurs de cette série d’une actualité saisissante. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette série questionne la psychose née chez ces différents groupe de personnes. De la peur des représailles des ex combattants jusqu’à la cohabitation, les pauses son émotionnelles. Le fondateur de Malo pictures et producteur de plusieurs films et documentaires dont quelques-uns, ont reçu de brillantes distinctions dans des festivals à travers le monde a voulu à travers les 26 épisodes consigner notre histoire. On n’eût pensé qu’il n’est pas camerounais au vu des images impeccables. Tous les amoureux et connaisseurs du cinéma diront qu’il y a une progression dans l’histoire. De même, la texture évolue rythmé à la musique contemporaine. L’épisode 5
« Piégé » prêche la tolérance. Le village est pris en otage par une faction du groupe terroriste. Adamu décide de venir au secours du village malgré le refus de Goni. Avec les membres du comité de vigilance, il met sur pied une stratégie de libération, mais il prend une balle au passage.

Les sons des nombreux enfants du camp militaire restituent à cette série le rapport avec la réalité. Cyrille Masso précise que la série tournée à 65 km de Maroua dans la zone de Loulou bénéficiant de l’autorisation du ministre de la Défense n’a pas été censurée. L’équipe de tournage constitué de plus de 30 techniciens et acteurs locaux a su rendre honneur à l’armée camerounaise. « C’est une série thématique et toutes les composantes de l’armée ont contribué à la libération de notre pays. La scénariste a choisi ses galons pour ne pas léser un corps. Le projet part d’une perception du phénomène Boko Haram. C’est la première série en zone sahélienne sur les questions de terrorisme », a déclaré Cyrille Masso. Il a reçu un budget de production du gouvernement américain. La Crtv et la chaîne de télévision privée Canal 2 diffusent actuellement ce patrimoine.

Jean-Philippe Nguemeta

Culture

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