Culture : Les tambours du Burundi résonnent à Yaoundé

Invité au Cameroun dans le cadre de la semaine consacrée à la colonisation allemande en Afrique, le club Intwari a captivé le public par une prestation spectaculaire.

La nuit tombe sur Yaoundé ce 9 novembre et des lumières vert, rouge et jaune s‘allument sur l’esplanade du musée national créant une ambiance féérique. L’ouverture officielle de la semaine culturelle consacrée à l’histoire de la colonisation allemande en Afrique vient de prendre fin en présence du ministre des Arts et de la culture Ismaël Bidoung Kpwatt. Organisée par le Goethe Institut, « The Burden of memory : considering German colonial history in africa », a réuni de nombreux officiels avec en bonne place, l’ambassadeur d’Allemagne au Cameroun, Hans-Dieter Stell. La cérémonie d’ouverture vient de s’achever lorsque Diane Ngassa, l’imprésario de la soirée annonce l’arrivée du club Intwari du Burundi. Frémissements dans la foule constituée de 100 artistes invités à cette semaine culturelle, des journalistes et des passionnés de culture. Inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité de l’Unesco en 2014, les tambours « ingoma » magiques du Burundi, symbole d’une tradition royale que ce pays se bat à préserver sont à Yaoundé.

Soudain, le silence qui s’est fait quelques minutes plus tôt est rompu par des chants en kirundi, langue officielle du Burundi (avec le français). Neuf tambourinaires marchant en file indienne font leur apparition. Sur les têtes, posés bien en équilibre, les fameux tambours qu’ils frappent avec deux baguettes appelées « imirisho » en kirundi et à l’aide d’un pied soulevé bien droit de manière à ce que les orteils touchent le tambour. En tête de file se trouve un danseur. Avec sa lance, il mime une danse guerrière. Les membres du club Intwari portent tous l’ « imbega », la ténue traditionnelle aux couleurs blanc, rouge et vert du drapeau national. Sitôt la procession achevée, la bande à Omer Nzonyisaba, un des leaders du club Intwari, se regroupe en arc-en ciel derrière un tambour central. C’est lui qui donne le rythme. Une cadence effrénée qui arrache des cris de joies au public.

Il ne boude pas son plaisir d’être là. A l’aide d’une tablette ou d’un Smartphone, certains immortalisent le spectacle. La danse rituelle qui accompagne les chants et la cadence des percussions est aussi un régal. Elle célèbre la bravoure des guerriers, le travail de la terre. A tour de rôle, les tambourinaires se livrent à des chorégraphies individuelles. Certaines sont très acrobatiques comme les sauts en hauteur qui plongent le spectateur dans un univers de cirque. Fort des années de pratique, les membres du club Intwari possèdent de la finesse et de la technique. Le club a vu le jour en 199à Kigali au Rwanda sous l’impulsion des jeunes fuyant les troubles dans leur pays et décidés à préserver leur tradition. Samedi soir à Yaoundé, leur élan a malheureusement été brisé par la pluie, invitée surprise au spectacle.

Elsa Kane

Culture

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