Face au coronavirus, il est judicieux d’adopter les bonnes pratiques en recherchant de nouvelles approches.

A bien de reprises, le peuple camerounais s’est surpassé, surprenant le monde. Que ce soit à la Coupe du monde de football de 1990, avec tous les exploits des Lions indomptables que l’on sait. Ou dans la guerre contre Boko Haram, la nébuleuse qui a connu le début de sa chute, après avoir commis la maladresse de franchir la frontière de son berceau nigérian, pour se frotter à sa puissance de feu des forces de défense camerounaises. L’on se souvient aussi d’autres passes d’armes héroïques dans le passé, à l’instar de la pression exercée dans les années 50 par les nationalistes camerounais sur la France, conduisant celle-ci à anticiper la décolonisation de l’Afrique. Ce n’est pas tout…

De ses tripes et de son génie, avec foi et solidarité, il n’y a pas de doute que notre pays puisse de déjouer les prévisions funestes, face au péril mondial qu’est devenu le coronavirus. Les chiffres grimpent ostensiblement. La situation n’est guère reluisante : 223 cas diagnostiqués, mercredi matin, dont six décès.
La solidarité, c’est ce qui a le plus manqué, jusqu’alors. Un manque de solidarité doublé d’irresponsabilité de la part de compatriotes rentrant d’Europe, le miroir alouettes devenu subitement infréquentable, à cause de la pandémie du coronavirus. Nombre d’entre eux, ont foulé aux pieds les nécessaires mesures de prudence, esquivant la quarantaine, fondant dans la nature. Ou se présentant, le cas échéant, au personnel médical, en déniant leur présence récente dans un pays à risque.

Union sacrée
Au moment où la pandémie cloue les avions au sol, on en est à regretter les derniers jours de flottement de la fameuse semaine du 17 mars, la semaine des 13 mesures gouvernementales, lorsque les derniers vols commerciaux ont atterri à Douala et à Nsimalen, avec des passagers convoyant le virus mortel entre les mailles du contrôle. Les retrouver à présent, c’est chercher un grain de maïs dans une corbeille de haricot. La lutte contre l’ennemi Commun aurait dû, par ailleurs, faire taire les querelles politiciennes, les polémiques sordides. Hélas, non. Sur ce point aussi, la solidarité fait défaut. La maladie a pris de l’avance. Mais tout n’est pas perdu. Pour peu que l’on revienne à plus de sérieux et de responsabilité, pour mettre tout le génie de notre peuple à la recherche de parades face à la maladie.

Autant il est pertinent, à cet égard, d’adopter les bonnes pratiques qui ont produit des résultats probants ailleurs, à l’instar de l’hygiène et de la distanciation sociale, autant il serait chimérique de tout miser sur la réponse médicale classique. Le nombre de lits d’hôpital ? Il n’y en aura jamais assez, si jamais la situation empirait. Autant ne pas miser sur une voie qui se révèle sans issue même pour les nations développées, malgré un costaud système de santé. Le confinement total que d’aucuns réclament ? Une option qui serait hasardeuse et sans garantie d’efficacité, au regard du peu d’urbanisation de nos villes, aux quartiers communautaires grouillant de vie où dans certains cas, le chemin traverse le salon du voisin. Sans parler de la grande précarité des acteurs du circuit informel – les plus nombreux.

Il faudrait à coup sûr recourir à des démarches innovantes. Malachie Manouada, le ministre de la Santé publique, l’a bien compris, qui engage ses troupes pour des dépistages porte-à-porte dans la ville de Douala. Une initiative qui sera porteuse pour peu qu’elle rencontre l’adhésion de la population. Une autre voie porteuse serait le recours aux thérapies alternatives. Le Burkina Faso en est à des essais cliniques à partir d’un produit naturel béninois extrait de plantes, l’apivirine. Les plantes, le Cameroun en a à gogo. Elles sont, en plus, au cœur de notre pharmacopée. Un établissement public leur est dédié, l’Institut de Recherche Médicale et d’Etudes des Plantes Médicinales (Impm). De même qu’existe au niveau universitaire, un comité de biosciences. Des résultats de recherches classés, à longueur d’années dans des tiroirs de ces structures, pourraient être utilement époussetés, face à la pandémie. Sans exclure les recettes de tisanes chaudes aux essences curatives qui hantent les réseaux sociaux dont on ne perdrait rien à expérimenter les plus vraisemblables.

*Expert en Communication pour le développement

Chronique

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