Documentaires : Du cinéma pour panser les plaies de la guerre

Le projet de l’association des réalisateurs documentaristes du Cameroun, va sensibiliser et donner la parole aux déplacés de la crise anglophone dans trois villes du pays pendant sept mois.

Sans la paix, il n’y pas de progrès possible », disait Koffi Annan. Les conflits menacent aussi les possibilités de création des artistes et le partage de ce savoir avec les populations. Les documentaristes du Cameroun en sont conscients et veulent apporter leur contribution à la stabilité du Cameroun. Courant juillet, l’association des réalisateurs documentaristes du Cameroun que préside Felix Mbog Len Mapout a lancé le projet « Lumière du Mboa ». Concrètement selon Florence Nadège Nkuissi, la coordinatrice du projet, il s’agit d’utiliser le cinéma comme « un instrument de rapprochement des individus et des communautés à travers le documentaire qui est un cinéma d’intervention sociale », explique-t-elle.

« Lumière du Mboa » va se matérialiser à travers la production et la diffusion suivi de débats de courts métrages documentaires de 13 min en langue anglaise et française sur les thématiques : des droits humains, du genre et du vivre-ensemble. « Notre démarche est simple. Nous avons lancé un appel à candidatures pour la sélection de 6 jeunes ayant un background dans le cinéma. Dans un premier temps, ils vont prendre part à un atelier pour le renforcement de leurs capacités en production audiovisuel ensuite, il y aura la phase d’écriture et de relecture des scénarios. Les jeunes réalisateurs sélectionnés vont ensuite descendre sur le terrain à Yaoundé, Douala et Dschang par groupe de deux », détaille Florence Nadège Nkuissi.

Le formateur attiré de ce projet n’est autre que François Woukoache, Ecran du meilleur documentaire Afrique centrale en 2018 au festival Écrans Noirs pour « Ntaranaba », un film sur la réconciliation entre victimes et bourreaux du génocide au Rwanda. « C’est un réalisateur possédant une solide expérience dans l’utilisation du cinéma comme moyen de sensibilisation sur les questions de citoyennetés et droits de l’Homme », précise la coordinatrice du projet « Lumière du Mboa ». Elle souligne les aspects innovants de ce projet subventionné par l’Ambassade de France au Cameroun : « Lumière du Mboa permettra de recueillir des témoignages qui seront ensuite restitués aux communautés concernées ». Lumière du Mboa s’étend sur 7 mois et prend fin en janvier 2020.

Elsa Kane

Culture

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