Entraîneurs de football : Une arme désormais pour la défense des droits

Le premier séminaire national de leur syndicat (Sycameef) s’est tenu samedi dernier à Yaoundé.

L’image que projetaient certains entraîneurs de football du Cameroun suscitait la pitié. Pourtant, ils sont toujours sous la pluie et sous le soleil, en travaillant pour donner des résultats que leur exigent les présidents de clubs employeurs. L’impression qui se dégage est que ces entraîneurs de football ne méritent pas parfois le respect qui leur est dû. Ils vous diront toujours qu’ils arrivent dans un club sac au dos. Ce qui signifie qu’il y a une vraie précarité à entraîner un club au Cameroun, parce qu’à peine recruté, ils sont généralement débarqués sans ménagement. Nombreux sont des clubs nous ayant servi ce type de manège au Cameroun ces dix dernières années. L’on a vu des clubs consommer cinq à dix entraîneurs en une saison sportive. Pire, certains de ces entraîneurs en âge de retraite ou retraités sont devenus des clochards, pour n’avoir pas eu la chance d’être convenablement payés pendant l’exercice de leur travail ou alors et surtout, de n’avoir jamais bénéficié des cotisations sociales leur garantissant une pension.

Ce manque de considération et le mépris que subissent ces entraîneurs de football a inspiré quelques-uns à mettre en place un organe pouvant non seulement défendre leurs droits mais surtout de protéger la profession. La meilleure formule légale trouvée a été celle de la création d’un syndicat. D’où la naissance du Syndicat camerounais des entraîneurs et éducateurs de football (Sycameef) régulièrement inscrits dans les registres de l’administration de tutelle, le ministère du Travail et de la Sécurité sociale sous le numéro SN01 du 17 avril 2019. « C’est certainement à travers le syndicat que nous pouvons défendre nos intérêts et voir nos problèmes arrangés ; que nous pouvons trouver des conditions meilleures. Bien qu’étant le maillon essentiel de la pratique du football, les entraîneurs et les éducateurs ont été les parents pauvres du développement de ce sport au Cameroun.

L’état des Lieux du reste catastrophique de cette corporation laisse transparaître de tristes réalités qui justifient la création de notre syndicat. On pourrait évoquer sans vouloir être exhaustif, deux faits parmi tant d’autres. Les relations tumultueuses qu’entretiennent les entraîneurs et éducateurs avec leurs employeurs ; l’absence de plan de carrière et de couverture sociale leur permettant d’accéder à une pension de retraite », s’est désolé Jules Frédéric Nyongha, le président du Sycameef, samedi dernier à l’occasion d’un premier séminaire national très couru, au cours duquel des exposés ont été fait par des expert sur la protection des droits des entraîneurs. Avocat, syndicaliste, entraîneurs se sont succédés sur le sujet.

« Sortir les adhérents de la précarité, de sécuriser l’exercice de leur magistère »
Le président du Sycameef a profité de la conférence de presse de clôture de deux jours de ce séminaire pour rappeler les objectifs du syndicat contenus dans les statuts : « regrouper tous les entraîneurs et éducateurs de football répondant aux conditions d’adhésion et d’admission de nos statuts afin de la défense de leurs intérêts matériels et moraux, économiques et professionnels ; défendre et préserver les droits des entraîneurs et éducateurs de football soit à l’emploi, soit à l’exercice, soit à l’organisation de leur activité ; défendre les libertés de travail d’expression et d’information liées à la pratique habituelle de la profession d’entraîneur et d’éducateurs de football ; améliorer par tous moyens légaux les conditions de vie et d’exercice des entraîneurs et des éducateurs de football adhérant au syndicat ; organiser des grèves lorsque les intérêts des membres sont menacés ». Le Sycameef entend développer un plan d’action révolutionnaire au bénéfice des techniciens du football.

« Il s’agit en fait de sortir les adhérents de la précarité, de sécuriser l’exercice de leur magistère, mais aussi de renforcer leurs capacités tant dans les domaines touchant aux questions syndicales que ceux relatives au perfectionnement technique. Afin d’atteindre ces objectifs, le syndicat se dote des moyens d’action dont les principaux sont : la création du cours professionnel pour la participation à la création, la création des moyens d’intervention et d’études, la constitution d’un centre d’action pour la défense des intérêts matériels et moraux de la profession, notamment dans les rapports avec les administrations, les pouvoirs publics, les autres syndicats, les organismes d’études privées, la fédération camerounaise de football, la Ligue de football professionnel du Cameroun, la Ligue de football jeunes, la Ligue de football féminin, les ligues régionales et départementales, ainsi que les clubs, quelle que soit leur entité juridique L’action auprès des pouvoirs publics afin de les faire connaître les membres du syndicat et leurs revendications tendant à l’amélioration des conditions matérielles et morales de la profession ; l’édition de brochures périodiques ; la création et la mise à jour d’une base de données relative aux offres et demandes d’emploi », a expliqué Jules Nyongha.

Les cotisations Cnps désormais assurées
D’ores et déjà, la Cnps entend cheminer avec le Sycameef. D’ailleurs une convention de partenariat devra être signée entre les deux entités dans les prochains jours. La matérialisation de l’avancée des négociations a été faite : « Le Directeur général a envoyé un expert pour nous expliquer un ensemble d’avantages que nous pouvons tirer de cette collaboration et de cette convention que nous pourrons signer avec la Cnps. Et au niveau des cotisations, du suivi de la santé, c’est tout un programme », a confié le président du Sycameef. D’ailleurs la tenue de ce séminaire national dans les locaux de la Cnps est une preuve que désormais, les entraîneurs verront leurs cotisations déposées dans cette institution pour préparer leurs vieux jours. « Le challenge du relèvement de notre corporation est grand. Il est impératif qu’ensemble nous menions cette bataille ardue », a relevé Jules Nyongha. C’est une nouvelle ère qui va se lever pour les techniciens de football camerounais.

Achille Chountsa

Sports

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