Estel Mveng : L’empreinte du « live »

Chef de 3ème degré de Nkol Amougou dans son village natal au Sud, la chanteuse veut bâtir sa carrière autour des spectacles.

Estel Mveng est une chanteuse montante de la musique camerounaise. Attachée à sa culture fangbeti, elle valorise ses traditions. Depuis quelques années, elle parcoure l’Afrique pour faire connaître son talent. En Novembre 2018, elle s’est envolée pour participer au marché de la musique, « Visa for music » au Maroc. Le grand marché africain de moyen Orient qui se tient du 21 au 24 novembre. Là-bas, elle a presté dans le cadre de l’ « Escale Bantou », une scène itinérante pour l’Afrique Centrale. Pour en arriver là, la chanteuse traverse une succession d’étapes. Son tout premier contact avec la musique se fait en classe de sixième. Ceci grâce à son nom « Mveng » tiré de l’autre « Mveng », le Rev. Engelbert Mveng : « Le premier jour quand, mon professeur de français a fait l’appel, après mon nom elle a indiqué que je devais aller à la chorale. Je me souviens de ce qu’elle m’a appelé et a demandé: Mveng de Mveng ? J’ai dit Mveng et elle a dit ok, vous allez à la chorale », raconte-t-elle, le sourire au bout des lèvres.

Durant tout son parcours au secondaire en passant par le collège de Sion à Nkolndongo et le collège Bono à Ebolowa, elle passera de chorale au club de musique sans bien s’atteler. Elle y accorde véritablement de l’intérêt à l’université de Ngaoundéré. Pour la petite histoire, c’est avec beaucoup de peine qu’elle s’intègre. « Pour avoir ma place, j’ai dû faire le concours de l’Alliance française, que j’ai gagné devant tous ces anciens. Et je crois que c’est à partir de ce moment qu’ils ont cru en moi et m’ont intégrée », raconte la chanteuse. Après cette étape, elle gravit d’autres échelons en passant par le groupe Macase, les cabarets.

Avant de se retrouver dans la « team » de l’orchestre de la Crtv. Originaire de Biwong Bane, à Ebolowa, la chanteuse occupe la fonction de chef au sein de sa famille et est chef de 3e degré de Nkol Amougou dans son village. Son coeur est sa principale source d’inspiration. « Je suis attachée à mes racines, tout ce qui rôde autour des rythmes bantous. J’apporte une autre touche quelquefois un peu moderne. Si je fais de la techno, on va y retrouver du son du tam-tam, du tambour qu’on appelle « Mbèh ». Je peux mettre une ou deux phrases en français parce que j’estime que mon identité, c’est ma culture », explique Estel Mveng.

D’ailleurs, elle est allée s’enquérir du savoir-faire de Dubaï. « Je me suis rendue compte qu’à Dubaï, les gens sont restés attachés à leur culture. Alors qu’en Afrique noire, nous avons honte de nos cultures. C’est ainsi que je conçois le projet « Nnem », explique-t-elle. A son actif, Estel Mveng est auteure d’un maxi -single de deux titres : « Africa » et « Ane moane ». Et met un accent sur des spectacles. La chanteuse dit avoir plus de force en live et pense qu’il faut essayer promouvoir les spectacles en live.

Guillaume Aimée Mete

Culture, Une

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *