Exposition : Les joyaux du royaume Babungo exposés

Connu pour sa lignée de rois artisans, cette chefferie s’est engagée sous l’impulsion du Fon Ndofoa Zofoa III à faire connaître son patrimoine constitué d’oeuvres très anciennes au monde.

La culture en partage à Emana. Les populations de ce quartier au lieu-dit « Borne-fontaine » ont vécu un moment inédit le 21 février. Pour la première fois, un roi d’une autre contrée a foulé le sol de cette partie de Yaoundé. Habillés de leurs plus belles tuniques en « Regalia » ou « Ndop », les danseurs ont précédé l’arrivée du Fon Ndofoa Zofoa III. Le jeune chef a tenu a présidé le vernissage de l’exposition : «Babungo, art traditionnel des Grassfields et patrimonialisation » en cours au Centre international pour le patrimoine culturel et artistique (Cipca) jusqu’en mai. En partenariat avec l’Unesco, le Cipca que dirige la curatrice Fabiola Ecot Ayissi, convie le public à la découverte du patrimoine artistique conservé depuis plus d’un siècle par les différents rois qui se sont succédés à la tête de ce royaume de l’aire géographique des grasfields.

Mémoire collective
Situé dans le Nord-Ouest sur l’axe routier Bamenda-Bamuka, le royaume de Babungo compte près de 30000 habitants, apprend-t-on de la princesse Botinyi, soeur du roi. A Babungo, les rois ont souvent été des artistes ce qui a permis au royaume de ce constituer au fil des générations, un patrimoine conséquent. Le palais royal compte
plus 3000 pièces, précise le prince Zofoa Solomon. Pour l’exposition, prés d’une trentaine d’oeuvres ont été sélectionnées. Des objets d’art parfois très anciens. Ils permettent de s’imprégner de l’organisation sociale et politique dans cette société patriarcale. Les oeuvres ont été reparties par thème dans les différentes
salles du Cipca. Dans celle réservée au roi, on peut admirer la chaise royale, un tapis de peau de léopard, les masque des sociétés secrètes de Babungo. « Les objet recèlent autant d’informations qui instruisent sur la royauté, les droits coutumiers nécessaire à l’exercice du pouvoir. Certains objets constituent une méditation entre le Fon (roi) et ses notables », explique Fabiola Ecot Ayissi. Quoique petit de part sa population, Babungo se distingue par cette volonté affichée par ses dirigeants de valoriser leur culture dont ils sont très fiers.

La place de la femme est aussi matérialisée à travers les statues de la reine-mère, épouse du roi Sakell et de son fils le prince. Des objets du quotidien pour raconter le travail des femmes qui transforment le raphia en divers objets. « Les objets évoquent aussi la transmission à travers la présence de plusieurs statuettes qui sont des jouets servant aux enfants », souligne la présidente du Cipca. L’exposition, «Babungo, art traditionnel des Grassfields et patrimonialisation », dit la fierté d’un peuple animé par le désir constant de connaître son histoire, de la conserver et dans un élan d’altruisme, de la partager avec le reste du monde. Ce travail de mémoire n’est pas seulement à saluer ou admirer, elle est aussi à copier dans un contexte où la mondialisation tant à gommer les particularismes.
A Babungo, on l’a compris, la mémoire c’est l’homme.

Elsa Kane

Culture

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