Gabriel Mba : “Les jeunes seront au cœur du Msem Todjom”

Le Secrétaire exécutif du comité d’organisation du festival du peuple Bandjoun présente les grandes articulations et les nouveautés de cette fête patrimoniale.

Du 9 au 16 novembre, Bandjoun va vibrer au rythme du Msem Todjom. De quoi s’agitil ?
Il faut comprendre que ce qu’on appelle Msem Todjom, c’est le festival culturel de la communauté bandjoun. Il se tient tous les deux ans. L’intérêt de ce festival est significatif. C’est un moment pour le peuple bandjoun de se retrouver, de célébrer notre culture; partager nos pratiques communautaires avec les bandjouns. Car ils sont nombreux qui ne s’approprient pas leur culture. Il s’agit aussi de communier avec les autres communautés qui seront invitées au festival.

A quoi est-ce que le public doit s’attendre en termes d’innovations?
L’apothéose de ce festival aura lieu entre le 9 et le 16 novembre. En réalité, les éléments nouveaux que nous voulons mettre dans cette édition, c’est d’abord le problème de l’appropriation. Nous voulons que nos jeunes enfants soient de plus en plus les dépositaires de nos traditions. C’est un moment de passage intergénérationnel. Même au niveau des danses patrimoniales, nous avons élaboré un ensemble de principes. Ces derniers consistent à l’apprentissage de certains pas de danses aux enfants. Et lorsqu’ils auront atteint l’âge pour être initiés à ces danses, ils pourront eux-mêmes les pratiquer parce qu’ils auront déjà appris et cultiver le goût pour ce patrimoine.

Le festival se déroule dans un contexte particulier où on demande de raffermir le vivre ensemble, est-ce que le comité d’organisation a pensé à ce volet?
Nous sommes à la huitième édition et notre festival a toujours été ouvert. A la septième édition, je me rappelle, nous avons invité des groupes de danses patrimoniales d’autres régions, c’est une tradition bandjoun, parce que la communauté bandjoun même à l’Ouest est constituée d’une population qui vient de tout le Cameroun. Nous célébrons le vivre ensemble depuis longtemps.

Comment comptez-vous intéresser la jeunesse lors de ce festival en ce mois de novembre qui est une période d’école?
Pour nos enfants, il y aura deux grandes conférences. L’une sera axée sur la drogue en milieu scolaire. L’autre sera donnée par André Marié Tala, qui viendra édifier les jeunes sur comment vivre avec le handicap. Ce n’est pas parce qu’on a un handicap que notre vie s’arrête. Nous voulons faire comprendre à ces personnes-là qui ont des anomalies qu’elles ne sont pas les laissés-pourcompte de la société. Elles peuvent réussir comme tout le monde. Et plus pour ce qui va bien aux jeunes, nous avons organisé un championnat de matchs de football. Ce sont les étudiants, les élèves du secondaire qui sont intéressés par cela. Nous avons aussi la marche sportive qui partira de Banen à Bandjoun parce que nous retraçons l’endroit d’où est venu nos ancêtres. Vous voyez que ce sont les plus jeunes qui peuvent faire ces longs kilomètres pour partir de Baleng à Bafoussam, c’est pour qu’ils apprennent l’histoire de leur village. Sans oublier l’apprentissage en langue maternelle.

Le Msem Todjom c’est dans quelques jours, où est en êtes-vous avec les préparatifs?
En termes de préparatifs, nous avons commencé à faire un lancement officiel depuis le 31 mars. Nous organisons les campagnes de sensibilisation même des collectes de fonds, afin que le festival se passe au mieux. Nous avons des points focaux à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Un magazine sera édité une émission a été enregistrée et diffusée pour que les enfants se mettent tous au même diapason. Mais, beaucoup reste à découvrir dans la période du 9 au 16 novembre avec les danses patrimoniales, le vernissage photo, la présentation des stands, des grandes figures qui ont marqué l’histoire de la communauté bandjoun.

Propos recueillis par Elsa Kane

Culture, Une

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