Homsi Jean Baptiste : Vision chrétienne de la gestion du conflit

ans la vie de la gestion de notre cher et beau pays le Cameroun, il y aura un avant, un pendant et un après du dialogue national qui se tiendra à Yaoundé du 30 septembre au 4 Octobre 2019. Dans cette perspective, notre vocation chrétienne nous impose d’attirer l’attention des uns et des autres sur la vision chrétienne du conflit. Ce heurt peut être en une personne, entre deux personnes ou entre deux groupes.la préparation interne doit nous emmener à n’avoir pour seule boussole que la vérité. Accepter de dire la vérité, toute la vérité et se disposer à des compromis. A partir des saintes écritures et l’enseignement social de l’église, nous allons examiner les alternatives aux solutions du conflit, montrer les étapes du choix royale qui est l’engagement au sacrifice de tout et de chacun pour la paix.

Notre état de chrétien nous commande de nous appesantir sur cette vision chrétienne du conflit qui bien que naturelle peut être favorisée et entretenue par des attitudes blâmables comme l’orgueil, la colère excessive, l’égoïsme, l’indifférence, l’égocentrisme. Si malgré tout le heurt s’établit, nous puisons dans l’exemple de ceux qui nous ont précédés sous le regard de Dieu pour l’aborder. C’est ainsi que nous pourrons apporter sans équivoque notre contribution pour éviter aujourd’hui et plus tard les démangeaisons des consciences en examinant avec vous quelques alternatives au conflit à la lumière des enseignements chrétiens, nous aurions pu :
-Soit l’éviter, c’est le cas de David qui en conflit avec Saul a fui pour ne pas laisser dégénérer, notre maitre le Christ nous conseille de tendre l’autre joue, nous convenons que ces exemples n’ont pu s’examiner pour éviter ce conflit vieux de plusieurs décennies.
-Soit nous dominons par la force le problème, c’est le gagnant /perdant, contraignant l’autre par la violence, la force, c’est le cas de Hérode, malheureusement le gain est temporaire et l’amertume le restant du temps. Par la force nous n’avons pas arrêté le conflit.
-Soit nous adoptons le compromis, c’est le gagnant/gagnant où par amour on se fait des concessions mutuelles, saint Paul nous apprend de ne pas faire à autrui ce que nous n’acceptons pas pour nous. Peut-être pourrions-nous nous y investir maintenant mais il y a mieux en circonstance grave.

-Soit nous choisissons la voie royale, celle du christ qui n’a pas gardé le rang qui l’égalait à Dieu, a pris la condition humaine, s’est abaissé au point de mourir sur la croix et c’est après qu’il est élevé et son nom dépasse tout ce qu’il y a sur la terre. Dans cette perspective le président, le premier ministre, ou un de leur recommandé devrait venir en prison rencontrer les différents protagonistes. Vous n’en sortirez que grandi, ce sera l’attitude du quémandeur de paix, le monde entier le reconnaitra, car en dépit de la différence fondamentale d’opinion, la paix pour que le sang ne coule plus est précieuse. On ne réveille qu’un homme qui dort vraiment. Quel camerounais en ce moment peut dormir ? Les yeux sont fixés sur vous. On ne cherche pas à savoir qui a tort, qui a raison, l’accent est mis sur la résolution du conflit. Saint Augustin par amour nous dit aime et fait ce que tu voudras, par amour, tu mettras l’accent sur l’intérêt de l’autre.

Dans l’encyclique, Laudato Si du pape François, il interpelle et presse les chrétiens à s’engager en politique, en précisant que ce n’est pas parce qu’on dit qu’on y vas pour salir les mains que les chrétiens doivent l’éviter, et de s’étonner <<si les chrétiens n’y sont pas pour purifier par l’évangile qui donc peut le faire ?>> les chrétiens qui s’impliquent dans la recherche de la paix peuvent se rappeler que Jean Paul II disait que pour solutionner efficacement un conflit, il faut commencer à se préparer intérieurement à dire la vérité, toute la vérité et rester ouvert au compromis. Saint Paul dans les actes des apôtres nous indique le chemin de la recherche durable de la solution d’un conflit en plusieurs étapes au chapitre 6 à savoir
:
-Etape 1 Définir le problème, 6.1 ‘’ En ce jour-là …. Il y a murmures ….’’ La marginalisation, la frustration, le fédéralisme dans les régions du NOSO, voilà les problèmes
-Etape 2 Décider de traiter le problème 6.2 ‘’ les douze convoquèrent’’, dans notre cas le dialogue national est déjà convoqué
-Etape 3 Formulation des solutions 6.3 ‘’cherchez plutôt …..’’ En ce moment le premier ministre reçoit des propositions qui parviennent de partout
-Etape 4 Evaluation et sélection 6.5 ‘’ la proposition plût à toute l’assemblée ‘’ A la fin du dialogue tous les camerounais doivent être satisfaits
-Etape 5 application 6.5 ‘’Et l’on choisit Etienne’’. Des personnes nouvelles devront être désignées avec un agenda clairement défini de ce qu’ils doivent faire, quand ils doivent le faire et où ils doivent le faire, la proposition du cardinal Tumi parle de 30 jours.
-Etape 6 Evaluation 6.7 ‘’Et la parole de Dieu croissait, le nombre de disciples augmentait ‘’.Les camerounais doivent retrouver la prospérité, la croissance et l’amour de vivre ensemble partout au Cameroun.
Pour avancer ensemble et réussir notre mission de paix, tout chrétien et tout homme de bonne volonté, doit taire ses égos et provoquer en nous pour ceux qui ne l’avaient pas encore, fait la compassion pour nos frères et sœurs du NOSO, qui sont soit en exil au Nigeria, soit déplacés dans les autres villes du Cameroun, soit malheureusement rappelés à Dieu.

Les chrétiens peuvent s’inspirer de ces étapes provenant des actes des apôtres qui montre qu’il y a eu un avant, un pendant et un après du conflit. Cette démarche a pour but de mûrir la réflexion et avoir une base chrétienne pour consolider les prises de décisions en faveur de la paix du fédéralisme de la marginalisation et des frustrations diverses des Camerounais. L’enseignement social de l’église nous apprend que la paix est un bien commun qui doit intéresser tout le monde et préoccuper chacun des camerounais, à cet effet Gandhi ajoute : ‘’ le meilleur de l’individu se trouve dans un intérêt à la collectivité et de son engagement à promouvoir le bien public’’. L’église recommande que chaque chrétien doit avoir son aumônier ou son accompagnateur spirituel, qui doit l’assister et l’aider à s’assurer que les décisions qui se prennent surtout pour ceux qui ont en charge, la gestion des hommes et des biens. L’amour sacrificiel pour le Cameroun doit vous habiter afin que cette vision chrétienne qui du reste est partagée par d’autres personnes de bonne volonté, comme Gandhi dans le renoncement nous prédispose à l’humilité en ce moment.

En imaginant que les enfants, les femmes, les vieux et les vieillards, regardent le premier ministre, en écoutant les chômeurs, les travailleurs qui tous espèrent en cette occasion, en voyant défiler toutes les couches sociales et autres acteurs tous fondent un espoir en la conduite de ces travaux pour un Cameroun de nouveau uni et prospère. Etre quémandeur de paix c’est accepter soit même des sacrifices pour y parvenir. Nous avons cité la voix royale, celle de Jésus christ qui s’est abaissé sur la croix avant de mourir. Mohamed Gandhi, jeune , pratique le renoncement qui est le détachement des biens matériels en voyageant en troisième classe alors qu’il pouvait le faire en première ou deuxième classe. Il a ensuite pris des risques pour vaincre la peur, il est devenu végétarien, il s’est appliqué à la retenue. Toutes ces valeurs l’on conduit à la non violence et son pays l’Inde est sorti des griffes de l’empire britannique. De même, plus près de nous, Nelson Mandela a passé le tier de sa vie en prison dans des conditions draconiennes.

Il refusera de sortir de prison si lors du vote ça ne sera pas un homme une voix et c’est ainsi qu’il déclarera qu’il ne peut pas vendre son droit de naissance, c’est à dire qu’en prison, il ne peut rien négocier car c’est un homme libre qui peut discuter et faire des choix. C est ainsi que nous comprenons la position des ambazoniens et des politiciens du MRC. Albert Einstein à propos des hommes libres nous apprend : c’est la personne libre qui est créatrice et sensible, qui façonne le beau et qui exalte le sublime. Libérons les prisonniers pour exalter le sublime et nous serons des ‘’mortels immortels’’.
Nous le voyons, bien que le conflit soit complexe depuis l’aube des temps, il a toujours existé les conflits. Nous devons donc réveiller en nous et soutenir le sentiment de responsabilité morale, pour réussir le combat des meilleurs. La lutte acharnée pour la recherche de la vérité cotre le mensonge, l’amour contre la haine, la justice contre l’injustice, la liberté contre l’oppression, sont nos armes chrétiennes pour réussir le grand dialogue national.

* Prisonnier marche blanche

Opinion, Une

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *