Initiative : Former les acteurs de la communication pour de développement

Les réflexions du 2e salon professionnel de la communication pour le développement ont porté sur les possibilités de formation et de renforcement des capacités des acteurs.

Pour la 2e fois, le salon professionnel de la communication pour le développement (C4D.com) s’est tenu à Yaoundé, le 21 février dernier. L’événement a été organisé par Inter’Activ, une agence conseil en communication pour le développement. Il rassemble tous les acteurs de ce secteur spécifique de la communication. En fait, la Communication pour le développement (C4D) est une modalité de communication qui concerne la nécessité d’obtenir l’engagement ou l’appropriation d’une communauté pour un changement particulier.

Invité spécial à ce salon, le Pr Daniel Anicet Noah a expliqué que : « lorsqu’on fait de la C4D, on a un projet. Et il a besoin d’aboutir à un changement. Par exemple celui de se laver les mains. C’est un domaine qui nécessite un planning stratégique patient étape par étape. Elle peut travailler avec les médias ou alors du porte à porte. La C4D fonctionne d’une manière générale avec les Objectifs de développement durable (Odd) ».

Comme exemple de C4D, Daouda Mounian, ancien staff Unicef est venu partager l’expérience du Burkina Faso. « Nous avons fait la C4D pour l’établissement des actes de naissance. Car à l’époque, ce n’est qu’1/3 d’enfants qui étaient enregistrés à l’état civil. L’on avait tous les dispositifs techniques mais les communautés ne voyaient pas l’utilité d’un acte de naissance. Donc, il fallait travailler pour faire en sorte que les communautés acceptent d’inscrire leurs enfants à l’état civil. Il a fallu mettre en place tout une stratégie de communication qu’on a appelé le plan intégré de communication financé par l’Unicef en appui au ministère des affaires sociales pour faire en sorte que chaque enfant Burkinabé puisse avoir un acte de naissance », a relaté Daouda Mounian.

Promoteur de Burkine B international, une agence conseil en communication pour le développement, il explique la stratégie de communication qui a été mise en place pour convaincre les populations : « il a fallu faire du plaidoyer d’abord à ceux qui ont une influence sur les communautés. À l’occurrence, les prêtres, les chefs de village, les Imams, les chefs de quartier. Ceci afin qu’ils nous aident à porter le message qu’un acte de naissance est nécessaire. ». De ce fait, lorsque c’est eux qui parlent aux communautés, cela passe plus vite que lorsque c’est un technicien qui le fait. La mobilisation des associations, des médias, du cinéma a été nécessaire. Il fallait que la population comprenne que lorsqu’un enfant n’est pas enregistré, il n’existe pas.

Placé sous le thème : « recrutement des talents et gestion des compétences dans la C4D, un impératif absolu pour la réussite des projets de développement », l’objectif de ce 2e salon était d’ouvrir les réflexions sur les possibilités de formation et de renforcement des capacités des acteurs dans la C4D. Selon les explications du Pr. Daniel Anicet Noah, la communication pour le développement a besoin des professionnels stables et non pas des personnes qui sont prêtées par hasard. Il est nécessaire d’envisager soit des formations courtes, soit des formations dans le cadre académique des masters. Le salon a souhaité qu’il y ait un lobbying auprès d’un certain nombre d’établissements pour qu’ils acceptent d’inscrire la C4D comme un module de master ou filière de master. Et comme cela coûte cher, il s’agit non seulement d’adopter cette filière en master ou en formation courte mais d’obtenir que les grandes fondations qui détiennent les moyens soutiennent le financement de cette formation-là.
Comme innovations, Alphonse Ateba Noa, le Président du comité d’organisation envisage la création d’un « advisory board ». Un comité consultatif qui aidera l’agence Inter’Activ à mettre en place et implémenter les stratégies d’amélioration du concept de C4D.com.

Vicky Tetga

Communication, Une

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