Littérature : Timba Bema, une plume militante

Co-lauréate du Grand Prix littéraire de l’Afrique noire pour son long poème « Les seins de l’amante », il est aussi connu pour son engagement littéraire à travers « La Revue des Citoyens des Lettres ».

La poésie africaine revient au-devant de la grande scène littéraire ! Après plusieurs années d’attribution à des romans, le Grand Prix littéraire de l’Afrique noire célèbre enfin la beauté d’un recueil de poèmes celui du Camerounais Timba Bema, co-lauréate de ce prix avec l’écrivain ivoirien Gauz.
« Les seins de l’amante », le livre publié est un long poème écrit en vers libres. C’est un texte engagé au travers duquel, le poète milite en faveur de l’émancipation politique des africains particulièrement des Camerounais. Selon l’éditeur Michel Chevalier : « Timba Bema nous offre un long poème en prose, où l’évocation des corps de l’amante, du narrateur, est prétexte à une magnifique allégorie du destin de l’homme africain, du colonialisme à l’affirmation de lui-même », dit-il. Si « Les seins de l’amante » est le premier livre publié par Timba Bema, la carrière du poète est cependant vielle d’au moins 20 ans si on s’en tient à son parcours.

L’enfant de Bali est tombé adolescent dans le chaudron culturel de la ville de Douala. Comme si tout était déjà écrit, le destin va le mettre en présence de grandes voix et plumes qui vont forger son amour pour l’art et l’écriture en particulier. Tenez ! Enfant à Bali, il a pour voisin le chanteur Eko Roosevelt. Sa route croise aussi celle de la chanteuse Villavienne, Yves Lobé, le batteur des Black Styl’s. Quand il se met à écrire des poèmes, c’est vers le poète Valère Epée, un autre de ces voisins qu’il se tourne pour relire ses textes. Un de ses camarades, neveu de Fernando D’Almeida, l’aide à rencontrer cette plume valeureuse de la poésie camerounaise. Venu à Yaoundé pour poursuivre ses études universitaires, le veinard installé à Biyem-Assi et croise une fois de plus un écrivain célèbre. L’enseignant et nouvelliste Severin Cécile Abega de regrettée mémoire, auteur des « Bimanes » longtemps resté au programme des classe de 3ème. Toutes ces fréquentations contribuent à former son esprit vif et sa plume alerte. Depuis 2007, il vit à Lausanne en Suisse après deux ans en France. Dans son pays d’adoption, il est très actif dans la vie littéraire avec l’animation des ateliers, des lectures.

Sur Facebook, il est vu comme un « influenceur » pour ses prises de positions peu tendre envers le gouvernement en place. Timba Bema est aussi le fondateur de la revue en ligne ; « La Revue des Citoyens des Lettres ». Voici comment il présente son projet : « Durant mon parcours d’écriture, j’ai constaté avec regret qu’il n’existe pas de cadre pour promouvoir les écrivains non publiés. Je me suis longtemps questionné sur les façons de pallier à ce manque. J’en ai parlé à des amis autour de moi, et c’est grâce à ces échanges que j’ai eu l’idée de lancer l’Association des Citoyens des Lettres », explique-t-il sur son site. « La Revue des Citoyens des Lettres a pour objectif de promouvoir les écrivains non publiés écrivant en langue française, en mettant en avant leurs travaux (nouvelles, poésie, extraits d’autres formes littéraires) dans une édition trimestrielle en ligne, qui sera accompagnée de deux publications annuelles en format papier. Un concours de nouvelles annuel sera également organisé et les lauréats seront publiés soit dans l’une des éditions papier, soit dans un recueil en collaboration avec un éditeur », explique-t-il. Son recueil de poèmes « Les bateaux sombrent-ils en silence ? » (Éditions Stellamaris) vient de paraître.

Elsa Kane

Culture, Une

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