Livre : Confidences d’un général de l’armée

Paru en juin chez EditFric, « Carrière d’un soldat de la loi » du Général de Division Simon-Pierre Dagafounangsou est une mine d’informations sur la construction de l’armée camerounaise.

Cette note de lecture aurait tout aussi pu s’intituler : « Simon-Pierre Dagafounangsou, toute une vie dans l’armée». Tant la carrière du Général de Division est riche et longue. Une somme expérience acquise dès 1963 comme lauréat de la « Promotion Réunification » de ce qui était à l’époque l’Emiac (Ecole militaire interarmées du Cameroun) qu’il souhaite partager avec les plus jeunes. Ceux aspirant au métier des armes. « Carrière d’un soldat de la loi » raconte à la fois la naissance d’une vocation : celle de Simon-Pierre Dagafounangsou et la naissance d’une armée : celle du Cameroun indépendant. A cet effet, le livre est divisé en quatre chapitres. Le 1er parle de la proclamation de l’indépendance du pays et les bouleversements qui ont suivi.

« Pendant la période de tutelle, le Cameroun n’avait ni gendarmerie, ni armée de l’air, ni marine, spécifiques. Une fois l’indépendance acquise, il ne pouvait donc pas se permettre de maintenir des étrangers à la tête des embryons d’unités héritées. C’est dans cette mouvance qu’une promotion baptisée indépendance, composé de 60 élèves-officiers de réserve (Eor) est recrutée le 1er avril 1960 ». (P27-28). Simon-Pierre Dagafounangsou appartient à la 2ème cuvée recrutée le 1er octobre 1961 pour 2 ans de formation et composée de 40 Camerounais et 2 Mauritaniens. « La formation était faite d’enseignements théoriques, des exercices pratiques sur le terrain et des voyages d’étude à travers le pays. (..) Les enseignements portaient sur : l’instruction générale, l’instruction militaire, épreuves tactiques et commandement, épreuves d’entrainement physique », écrit-il.

Dans le second et troisième chapitre, Simon-Pierre Dafounangsou parle de la gendarmerie camerounaise avant et après l’indépendance. On apprend notamment sur les moyens dont dispose la gendarmerie et les missions qui l’incombe : (missions générales, missions de police, de défense nationale), son organisation : (délégation générale à la gendarmerie, l’Ecole de la gendarmerie nationale, la Légion de la garde républicaine, etc). S’agissant de son propre parcours, Simon-Pierre Dagafounangsou a fait preuve de mesure utilisant un ton neutre pour le raconter. Fils du Mayo Danaï à l’Extrême-Nord du Cameroun, il se destinait dans un premier temps à une carrière d’enseignant. Sa longue carrière dans l’armée est un « appel du destin ». Pour la petite histoire son nom de famille lui a parfois posé problème. A l’origine, il devrait s’appeler Dagavounangsou comme son père mais une erreur de l’officier d’Etat-civil a transformé le « v » en « F ».

Fils du grand Nord mais fervent chrétien et marié à une femme du Centre, « Daga » connaitra dans sa carrière, coup-bas, tribalisme, manipulation et humiliation sans jamais baisser les bras. Quoique réservé de nature et de par sa profession aussi, Simon-Pierre Dagafounangsou propose un livre plaisant à lire. Le livre fourmille d’anecdotes. Certaines hilarantes d’autres tristes. Il s’est entouré d’experts comme le Dr Messanga Obama de l’Esstic et obtenu l’autorisation de sa hiérarchie pour partager avec le public les informations divulguées. C’est d’ailleurs au Camp Yeyap que la dédicace de « Carrière d’un soldat de la loi » a eu lieu en mai.

Simon-Pierre Dagafounangsou
« Carrière d’un soldat de la loi »
EditFric, 2019

Elsa Kane

Culture

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