Livre : Irène Ekouta brise le tabou du « vampirisme »

« Mes confessions anonymes » dédicacé samedi, est un hymne au bonheur à travers lequel l’auteure encourage les gens à se débarrasser des relations amoureuses toxiques.

Le sujet des violences psychologiques est encore tabou sous nos cieux. Surtout quand il est question d’aborder ce que les psychologues appellent « Le vampirisme ». Il peut s’agir d’une relation amoureuse, professionnelle ou amicale dans laquelle une personne exerce une influence négative qui déteint sur la personnalité de l’autre. Vous aimez un dépressif ? Vous voilà à peindre tout en noir comme lui. Irène Fernande Ekouta en a fait l’amère expérience aveuglée par l’amour. Il lui a fallu beaucoup de confiance en elle pour mettre fin à cette relation toxique. Elle le reconnait dans « Mes confessions anonymes » son livre qui vient de paraître.

Une autoédition dans laquelle elle se met à nu sans fausse pudeur. « Au début, cette personne représente la perfection. Elle est tendre, passionnée et attentionnée ; tout ce dont vous rêviez. Alors, vous baissez la garde. Vous lui accordez toute votre confiance, persuadée de l’avoir cernée. Et puis un jour, les masques tombent. Vous réalisez que cette personne n’est pas celle que vous pensiez », dit-elle avec regret. Ce récit autobiographique a été dédicacé samedi 1er février à la Fondation Solomon Tadeng Muna. Dans une salle pleine comme un œuf. Un moment d’échange de plus de 2 heures avec le public et la presse, agrémenté des lectures de quelques extraits du livre par la slameuse Lydol.

« Mes confessions anonymes » ont suscité un débat passionné sur les questions du développement personnel et le mariage. Ce qui n’a pas déplu à la demi-finaliste du Prix jeune écrivain de la langue française 2017. « Le discours social sur le mariage doit être repensé. Ce n’est pas le mariage qui fait le bonheur mais la capacité des mariés à être heureux ensemble », analyse-t-elle. Ecrire lui a servi de thérapie car «On ne sort pas facilement d’une relation plus blessante que constructive », affirme la jeune écrivaine. Pour cette journaliste diplômée en 2010 de l’Esstic, il ne s’agit pas des « choses des blancs ». Les relations toxiques sont malheureusement bien plus courantes qu’on ne le pense. « Mon vécu n’est pas un cas isolé. Les 19 chapitres de mon livre m’ont aussi été inspiré par ces messages anonymes qu’on lit sur les sites internet, les réseaux sociaux ou dans des forums de discussions ».

En mettant le prix de son livre à 5000 Cfa, Irène Ekouta souhaite toucher tous les lecteurs. Les femmes comme les hommes, les jeunes comme les vieux pourront se reconnaître dans « « Mes confessions anonymes ». « Je voudrais que mes jeunes sœurs, mes nièces, mes filles, apprennent de mes expériences et qu’elles soient mieux préparées que je ne l’ai été à une vie sentimentale. Que les hommes et les femmes puissent mieux communiquer dans les couples et qu’ils aient conscience du mal-être qui peut se cacher derrière des silences ou des sourires », souhaite-elle. Et comme pour mieux dire oui au bonheur, elle a célébré ses 30 ans tout juste après la dédicace de son livre. « Le bonheur s’apprend. C’est une culture à transmettre aux enfants dès le bas-âge, afin qu’ils ne se sentent pas incomplets, afin qu’ils développent une relation bienveillante avec eux-mêmes, sans tomber dans les travers du narcissisme », a-t-elle dit avant mordre à belles dents son gâ-
teau.

Bonnes feuilles
Chapitre XIX : Solde de tout compte

«Combien de vies avons-nous brisé par des mots mal choisis ? Combien de cœurs avons-nous saigné par l’incurie et la désinvolture ? Combien d’étoiles avons-nous éteintes par jets de larmes ? Il est nécessaire de se poser ces questions pour sortir d’un cercle vicieux, malheureusement entretenu par la société. Tant de femmes sont perdues dans des relations toxiques, dans des mariages fades, violents ou pétris de chagrin. Elles vivent dans l’attente, ignorant elles-mêmes ce qu’elles espèrent de la vie. Mais, elles restent auprès de ces hommes, finissent parfois par les tromper par vengeance ou s’éteignent à petit feu. A quel moment en arrive-t-on là ? A mon avis, c’est quand nous ouvrons enfin les yeux sur qui nous avons choisi d’aimer.

C’est quand les défauts occultés commencent à nous rire au nez et qu’on réalise qu’on n’est finalement pas fait pour vivre avec. Mais, la peur de devoir tout recommencer nous paralyse. Alors, on s’invente des excuses pour s’accrocher à un idéal coincé entre la fiction et la réalité. En général, les raisons qui créent, chez nous, une impression de bonheur sont les causes de nos plus grandes tristesses. L’attention, les câlins, les balades, la passion du début nous manquent quand ils deviennent des acquis. Le manque de ce qui nous rendait euphorique crée la tristesse. Et lorsqu’en plus, de la tendresse, le conjoint passe à l’infidélité, à la violence morale ou physique, cela n’arrange pas les choses.».

Retranscrit par Elsa Kane

Culture, Une

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *