Love Laure Meke : “J’ai dû prendre du poids pour m’imposer”

Elle fait partie des quelques visages féminins évoluant dans le management artistique au Cameroun. Connue d’abord sous sa casquette de communicatrice, la jeune femme gère la carrière de la chanteuse Taty Eyong, une star montante du bikutsi qui a fait carton plein lors de son concert du 7 février à Yaoundé.

Vous êtes au départ spécialisée dans la communication, vous avez travaillé quelques années dans des médias. Qu’est-ce qui vous amène au management artistique ?
Je n’ai pas quitté la communication. Je suis toujours journaliste culturelle. J’ai monté mon propre média, ce n’est pas comme si j’ai quitté la communication pour le management. Je suis manager de formation, je suis communicatrice de formation, je joins les deux. En tant que communicatrice, je suis en freelance, en tant que journaliste, j’exerce dans ma propre boite Love Laure Meke Mag. J’exerce les trois activistes en même temps.

Quel est le rôle d’un manager auprès d’un artiste ?
Le management c’est être proche de l’artiste, il faut comprendre son artiste, savoir ce qu’il veut, ce qu’il aime, lui trouver des sponsors, vendre ses produits. Il faut aimer ce qu’il fait. Si tu n’aimes pas ce qu’il fait, tu ne pourras pas vendre ses produits. Pour que je puisse vendre les produits de Taty Eyong, j’ai appris à connaître et comprendre son univers musical. J’arrive à comprendre sa personnalité pour pouvoir la vendre aux médias, au monde. Le management c’est trouver des contrats. Le manager est l’intermédiaire entre l’artiste et les promoteurs d’événements, les entreprises et les médias. Etre manager, c’est aussi supporter les caprices celles de l’artistes, des musiciens, etc.

Vous avez décidé de ne travailler qu’avec un seul artiste. Pourquoi ce choix ?
Au début, je travaillais avec plusieurs chanteurs. Mais il faut savoir que les artistes sont très capricieux. Ce n’est pas toujours facile à gérer. Taty Eyong, c’est cette étincelle qu’il me fallait pour comprendre que je pouvais m’en sortir avec un seul artiste. J’apprends chaque jour. Avec elle, ça marche comme sur des roulettes. Je lui consacre toute mon énergie. Je ne suis pas dispersée. Mon souhait est de lui trouver des bons contras qui lui permettront d’arriver au sommet de sa carrière, de montrer tout son potentiel de chanteuse et chorégraphe. Alors quand elle aura atteint ce niveau, qu’elle pourra voler de ses propres ailes et avec quelqu’un d’autre que moi, je pourrai chercher un autre contrat de manager. C’est un choix personnel.

Le métier de manager est réputé très difficile dans notre environnement. Cela ne vous a pas arrêté ?
A mes débuts, c’était compliqué parce que j’étais chétive. J’ai connu beaucoup de frustration. Certains croyaient que j’étais jeune d’âge pourtant ce n’était pas le cas, j’étais jeune de corps. Il a fallu que je m’impose. Le show-biz est un milieu difficile où les plus forts, les plus malins n’hésitent pas à frapper. Si tu ne t’imposes pas, on te « mange ». Heureusement j’ai du caractère. Je me suis rapprochée des personnes de bons conseils, j’ai changé de look. Il a fallu aussi que je prenne un peu de poids. Mon travail et ma rigueur m’ont permis de m’imposer dans le monde de la musique. Je faisais tout pour être une professionnelle. Je continue de travailler. D’apprendre.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans la gestion de carrière de Taty Eyong ?
Les difficultés ne manquent pas. Taty Eyong fait de l’afro jazz bikutsi. Elle ne fait pas de la musique commerciale. La grosse difficulté c’est au niveau des cachets et du style qu’elle fait. Elle doit être payée à la hauteur de son talent mais cela n’est pas toujours facile. De plus, sous sommes deux femmes dans un milieu très masculin. Il faut batailler ferme pour que son travail soit reconnu. Ce qui nous fait tenir le coup, c’est cette totale confiance que nous avons en nous. Parce que nous nous aimons beaucoup, on arrive à surmonter toutes les difficultés.

Nous sommes au mois de février, un mois consacré à la jeunesse, quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes qui veulent suivre vos pas notamment les filles qui veulent entrer dans le showbiz ?
Trois mots d’ordre : travailler, oser, persévérer. Il faut oser, croire en soi. Rien n’est facile, aucune note n’est parfaite. On échoue à un moment mais il faut savoir se relever.

Propos recueillis par Elsa Kane

Communication

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