Lutte contre le vih/sida : L’afflux des étrangers va fausser les prévisions

La gratuité de certaines prestations dans la prise en charge des patients vivant avec le virus dans la région de l’Est pourra favoriser une migration vers les formations sanitaires du Cameroun des malades des pays voisins.

5,2% en 2019 c’est le taux de prévalence du VIH / sida dans la région de l’Est, contre 6,5 % en 2018. L’annonce a été faite à Bertoua le 10 janvier 2020 dernier par le Docteur Désiré Mintop , le délégué régional du Ministère de la santé publique de l’Est ; c’était au cours de l’atelier d’information et de sensibilisation sur la mesure d’exemption des frais directs liés à la prise en charge des personnes vivant avec le Vih/sida dans les formations sanitaires publiques et organisations à base communautaire. Dans la région de l’Est , on observe d’énormes disparités dans les centres de santé en matière de lutte contre la pandémie du siècle et pour cela les populations doivent être mises à contribution dans le processus de lutte contre la maladie :
« Il est question d’améliorer considérablement le taux de prise en charge dans la région, et à ce point personne n’est indispensable, voilà pourquoi nous avons instruit les chefs de districts à organiser les réunions pour informer les populations de leurs localités sur les mesures d’exemption décidé par le gouvernement » indique le Dr Désiré Mintop.

L’achat des médicaments et autres examens médicaux étaient devenus très onéreux pour les patients , c’est pour favoriser une prise en charge efficiente des malades que le Ministre de la santé publique a signé le 4 avril 2019 un arrêté visant à alléger l’accès à la prise en charge des personnes vivant avec le Vih/Sida . Cette exemption concerne : le carnet et le dossier médical, l’examen cytobactériologique , le bilan biologique, la charge virale pour ne citer que ceux-là ; c’est au total 14 prestations qui sont depuis le 1er janvier 2020 exemptés des frais directs liés à la prise en charge dans les formations sanitaires publiques et organisations à base communautaire des personnes vivant avec le VIH/SIDA : « L’exemption des soins est le premier pallier pour l’atteinte des objectifs 90-90-90 ; la mesure prise va améliorer nos indicateurs sur la riposte contre le VIH » pense le Dr Aubin Nino Baléba , le coordonnateur région du GTR-Est .

La région de l’Est est ouverte à deux pays voisins à savoir la République Centrafricaine et le Congo Brazzaville, au vue de la milliers des patients risquent investir les formations sanitaires limitrophes pour bénéficier de la gratuité des prestations : « La planification faite prend en compte les populations réfugiées qui sont déjà là. Néanmoins nous sommes conscients que la région de l’Est et d’autres régions du Cameroun sont limitrophes aux pays voisins, sur ce les étrangers vont se déverser chez nous quand ils vont apprendre la gratuité et cela risque fausser les prévisions car il y aura un afflux de la file active » confesse Elisée Amour Eyenga, sous-directeur du budget et du financement au Ministère de la santé publique, représentant du Ministre de la santé. L’émissaire du Ministre de la santé publique rassure par la suite : « Nous allons réfléchir pour que le phénomène ne nous surprenne pas ». Malgré la gratuité des certaines prestations dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA, des nombreux défis restent à relever dans la région de l’Est parmi lesquels, la prise en charge des femmes enceintes qui disparaissent après la première consultation prénatale

Charles Mahop

Santé

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