Mathieu Teyomnou : “L’homme, bourreau et victime du réchauffement climatique”

Le chercheur camerounais en écologie environnementale vient de publier un livre sur la dégradation de l’environnement en Afrique.

Mathieu Teyomnou a le visage serré et le ton grave lorsqu’il parle de la dégradation de l’environnement au Cameroun et en Afrique. Lui qui a fait plusieurs voyages à travers le continent noir a pu se rendre compte que la situation est aussi alarmante d’un pays à l’autre. Après plusieurs analyses, le chercheur en écologie environnementale est arrivé à la conclusion selon laquelle : « l’homme est le bourreau et la victime du réchauffement climatique». C’est l’homme qui participe à la déforestation en coupant les arbres sans participer au reboisement, déplore –t-il. Il note qu’aucune nouvelle forêt n’a depuis lors été créée, malgré l’exploitation et l’usage excessif du bois en Afrique. Il déplore aussi la disparition des forêts sacrées.

Le chercheur camerounais fait savoir en outre que les ressources sont limitées et le nombre de besoins augmente, sur une planète où 20% de la population contrôlent 80% des richesses. Pour les sceptiques, l’auteur rassure que les effets du réchauffement planétaire et de la dégradation de l’environnement sont bien réels en Afrique. Il n’y a qu’à voir le lac Tchad qui a perdu 90% de sa superficie en moins de 60 ans. Le lac est passé de 25 000 Km2 en 1963 à près de 1350 Km2 de nos jours, apprend-on. Lancé dans le combat pour la sensibilisation et la préservation de l’environnement depuis 40 ans, Mathieu Teyomnou vient de publier un autre livre sur la question aux éditions « Campus ouvert ». L’ouvrage est intitulé :
«L’Afrique face aux défis de la dégradation de l’environnement et du réchauffement climatique de la planète. Tome 1 : Comprendre pour agir. Problèmes, analyses et diagnostic».

Planter des arbres
Le livre de 266 pages est issu d’un travail collaboratif de chercheurs pluridisciplinaires. Il a été dédicacé à Douala mardi 4 juin 2019, à la veille de la journée mondiale de l’environnement célébrée cette année sur le thème de « la pollution de l’air ». Mathieu Teyomnou reconnait que la situation est grave, mais pas irréversible. « On peut faire quelque chose. On peut changer notre environnement par nous-mêmes. On n’est pas obligé d’attendre les Cop», martèle t-il. L’auteur fait savoir que tout commence par la prise de conscience. Il lance cet appel en priorité à tous ceux qui abusent des ressources et encourage aussi les uns et les autres à planter des arbres. «L’Afrique n’est responsable que de 3,8% des émissions des Gaz à effet de serre, mais nous subissons à plein coup ce qui vient d’ailleurs. L’arbre est la solution miracle aux problèmes climatiques. Mon livre interpelle sur le retour à la case départ. Protégeons notre planète. Il n’y a pas de planète B», exhorte Mathieu Teyomnou.

Mathias Mouendé Ngamo

Culture

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