Mrc. la traque au faciès : Nous avons relaté les faits

Le jour répond aux interrogations du public.

A la suite de la Une « Mrc : la traque au faciès » publiée par le quotidien Le Jour dans son édition du 13 juin 2019, le Conseil national de la communication (Cnc) a réagi vendredi dernier dans un communiqué signé pour le président du Cnc et par délégation, le vice-président, Joseph Janvier Mvoto Obounou qui fait observer que « Les professionnels de l’information semblent (…) avoir abandonné leur rôle pour se comporter comme des milices au service de groupes de pression politiques, économiques et culturels. » Le vice-président du Cnc déplore aussi que de nombreux médias camerounais « (…) véhiculent le message tribal et sont le porte-voix du repli identitaire. »

Monsieur le vice-président du Cnc rappelle que la diffusion d’informations à caractère conflictogènes, mettant en exergue des propos haineux, tribalistes ou séditieux « va à l’encontre du respect du principe de responsabilité sociale et des exigences d’éthique et de déontologie professionnelles dont est garant le journaliste dans l’exercice de ses fonctions. »
Le jour s’est-il écarté de ces principes rappelés fort opportunément par le vice-président du Cnc ? Le Jour a-t-il véhiculé dans sa publication le message tribal ? La rédaction du quotidien Le jour constamment soucieuse du respect du principe de responsabilité sociale et des exigences d’éthique et de déontologie professionnelles ne se reconnaît évidemment pas dans une telle dérive. Le journal a bien rapporté dans ses colonnes des propos haineux, tribalistes ou séditieux. Mais qui en sont les auteurs ? Dans quelles circonstances ces propos ont-ils été tenus ?

Les témoignages recueillis et publiés dans l’article concerné mais aussi dans d’autres qui l’ont précédé dans des publications antérieures sont constants sur le fait que des propos haineux, tribalistes ont été tenus par certains agents des forces du maintien de l’ordre à la suite des manifestations publiques organisées par le Mrc, notamment au moment des interpellations et des auditions. Depuis bientôt trois mois, Le jour publie une série intitulée « Les prisonniers du président », celle-ci rapporte aussi des témoignages de même nature faits par des citoyens camerounais arrêtés et incarcérés à la suite des manifestations publiques organisées par le Mrc en janvier dernier. Un confrère spécialisé dans la chronique judiciaire dit avoir publié le même type de témoignages recueillis lors des audiences d’habeas corpus des militants du Mrc incarcérés à la prison centrale de Kondengui et ils n’étaient pas anonymes.

Nous pensons humblement n’avoir pas publié un message à caractère tribal. Nous avons donné voix à des témoignages de citoyens camerounais qui dénoncent des propos haineux et tribalistes qu’ils imputent à certains agents des forces de maintien de l’ordre. La rédaction du quotidien Le jour considère qu’elle est bien dans sa mission d’informations et ne saurait donc être considérée comme une milice. Nous avons relaté les faits.
Le jour est un organe de presse serein et professionnel, sensible aux questions de Droits de l’homme et à la démocratie. Depuis une douzaine d’années nous portons notre regard sur l’actualité de notre pays, en nous distinguant dans un paysage médiatique brouillé par la presse à gages. Notre respect pour le lectorat commence par celui des faits. Et la reconnaissance de nos erreurs lorsqu’il nous arrive de nous tromper.

La rédaction

Communication, Une

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