Musique : Ange Bagnia en toute « Sérénité »

Après 11 ans d’absence, la chanteuse fait son comeback avec un album riche aux sonorités du bikutsi, ben skin et makossa.

Ange Bagnia est une fervente défenseuse de l’intégration nationale. Elle fait partie de ces artistes-chanteurs qui se sont très tôt lancés dans les rythmes autres que ceux de leurs régions d’origine. 11 ans après le succès de « Touche pas ma chose », la Ceo de « Créa Agency » déboule sur la scène. Avec certes une silhouette plus généreuse mais la même envie de faire plaisir au public. La chanteuse affiche sa « Sérénité » titre de son nouvel album disponible en version audio et vidéo.

C’est un voyage musical, mieux une belle escapade dans un ilot de beauté, qui vient en ce temps de grisaille égayé le quotidien. Ange Bagnia chante l’amour. Parfois sous sa forme la plus triste comme on l’écoute dans « Dago », la première chanson de ces 5 titres. Elle a choisi du makossa fusion pour dénoncer l’ingratitude et la cupidité de certains hommes. Dago et sa compagne formaient un couple uni en temps de la galère. Aussitôt les poches pleines, la reine d’hier a été transformée en Cendrillon. Mais loin de se complaire en victime, elle va remonter la pente et trouver un autre prince charmant au grand dam de Dago.

Autant le dire, Ange Bagnia n’est pas très tendre avec les représentants du sexe masculin. Surtout quand elle dit « Il faut choisir », fustigeant leur « gourmandise sexuelle ». En réalité dans cette chanson, l’artiste fait un plaidoyer à l’endroit des hommes, les exhortant à aimer encore plus leurs femmes avec l’âge. Les changements qu’elles subissent étant d’ordre naturel, le rejet de la part de leurs époux peut entrainer une dépression pire, la dislocation du foyer.
« Quand on aime une femme jeune, elle vous fait des enfants. Le temps a des effets sur elle, les accouchements aussi. Elle a besoin qu’on l’aime et la rassure. Comme elle prend des rides et du poids, son homme subit également les effets du temps. Ils doivent donc continuer à s’aimer avec maturité et force », souhaite l’interprète de « Johnny ». Dans « Makwak », elle fait danser ses fans au rythme du ben skin.

Sa voix mélodieuse veut attirer l’attention sur les conséquences de la polygamie. Dans ces foyers jalousie et rivalité conduisent souvent au pire : meurtre, sorcellerie. « Les plus malheureux sont les enfants », regrette l’artiste qui a placé « Sérénité » sous le signe des hommages. Hommage à sa maman et son frère. Leur disparition l’a marqué au fer. Mais aussi hommage à une diva de la musique camerounaise : Charlotte Mbango dont la musique a inspiré l’adolescente qu’elle fut. Elle le confie d’ailleurs : « C’est un vœu exaucé pour moi de revisiter par ma modeste voix, les chansons de cette icône de la musique africaine. Elle a fait rayonner le makossa au haut niveau et est malheureusement partie trop tôt. Ses chansons m’ont tant inspiré et permit de me perfectionner lors des concerts scolaire ».

Pour clôturer son album, Ange Bagnia propose une version revisitée et acoustique de « Ndomé ». Elle est accompagnée d’une amie, la chanteuse Nicole Mara. A l’union, elles entonnent l’hymne au travail qui paie et déplore la jalousie au sein des membres d’une même famille. Pour l’enregistrement de « Sérénité » Ange Bagnia s’est accompagnée d’une équipe complète de musiciens. Avec Chegue Blaise aux claviers, Simplice Kengne, Oyono, Engo Solo aux guitares, Lady Bass, Arthur Manga, Assogo Bass à la bass Marius Dossou au saxophone. Les batteries étaient tenues pas Bello Drums. Au chœur, ils sont trois parmi lesquels, la chanteuse Gaëlle Wondje. L’album a été produit sous la direction artistique de l’homme des médias, Cyril Bojiko.

Elsa Kane

Culture, Une

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