Patrick Mboma : “Une crédibilité lorsque demain on voudra parler de football”

L’ancien attaquant des Lions Indomptables, consultant sur la chaîne Canal+, parle du diplôme en management du football qu’il vient d’obtenir et évoque aussi la pandémie du Covid-19.

Vous avez acquis le diplôme de management et de gestion du football, réservé aux anciens footballeurs de haut niveau. C’est quoi, le bien-fondé de l’obtention de ce diplôme ?
La première des choses est de dire que c’est un diplôme qui permet à d’anciens footballeurs, comme vous le savez, d’avoir des outils pour une carrière de gestion et de management des organisations sportives, du football en particulier. Au sein de l’Uefa, il est réservé aux anciens internationaux. C’est ainsi que, conseillé par Gérémi Njitap, qui est de la première édition de ce Master for international players, que j’ai décidé de joindre cette formation de deux ans et qui m’a donné effectivement ce diplôme. Ce diplôme est mis en place par le Centre d’études du sport de Limoges, bien connu aussi pour ses diplômes de manager et un institut de Londres. Donc, ça été mis spécialement en place pour répondre aux exigences du football de haut niveau avec la connaissance que peut avoir un ancien international de football. Voilà un peu les attraits de ce diplôme, de cette formation. Et puis, c’est surtout une crédibilité donnée lorsque demain on voudra parler de football. C’est ainsi qu’on a des personnes comme Eric Abidal que vous connaissez. Juninho est passé par là, Rai aussi. Ils ont tous aujourd’hui, ils ont été nommés à des postes très importants de par le monde ; puisque c’est ouvert à tous ; donc des Brésiliens, des Africains. J’ai eu ce diplôme avec un Epale. Donc, c’est ouvert à deux session de 25 personnes environ tous les deux ans et je tiens aussi à souligner que pour la suite, est aujourd’hui en formation, un autre international camerounais.

C’est qui cet international camerounais ?
Vous allez chercher et vous allez le trouver (…) Il s’agit d’Achille Webo.

Cela signifie que le football camerounais et africain en général a la chance de bénéficier de votre expertise dans les jours à venir ?
Effectivement oui. Cette formation a été faite en deux volets : un volet pratique et un volet théorique. Au niveau de la pratique, j’ai eu à exercer un stage de près de trois mois, même si je l’ai scindé en plusieurs étapes avec la Confédération africaine de football, où j’ai pris la peine de travailler pour pouvoir produire mon mémoire. Et donc, j’ai quelque part fait mes preuves sur le terrain. Je pense que j’ai été apprécié pour le travail que j’ai accompli. Il est évident que les outils que j’ai, me permettent de produire de belles choses en termes de managériat. Mais encore faut-il trouver chausse à son pied, si je puis dire.

Comment avez-vous vécu la période de confinement strict et puis d’assouplissement des mesures ?
J’ai eu la chance dans ce malheur mondial, de faire partie des gens qui, de par leur habitation, étaient un peu plus privilégié que d’autres. Ça été un moment difficile de devoir rester confiné chez soi, avec une partie de ma famille ; je n’avais pas tous mes enfants à la maison. Mais, on a de l’espace. On a pu profiter de cela, nous aérer, même si on a toujours cette frustration de ne pouvoir aller voir nos voisins. Mes sœurs ne sont pas loin de moi et je n’ai pas pu aller les voir pendant près de deux mois. On a pris de drôles habitudes de suivre certaines séries télé. Ça ne fait pas du mal pour certains, alors qu’avant, on était un peu dispatché de par nos emplois du temps. Et puis, il n’y a pas eu que du bonheur, parce que j’ai moi-même attrapé le Covid-19. J’ai eu à passer trois nuits en hospitalisation. Au moment où j’apprenais le décès de mon oncle au Cameroun, que le lendemain, j’apprenais le décès de Manu Dibango et eux semaines plus tard, je retournais à l’hôpital pour deux nuits en Emboli pulmonaire. Donc, ça n’a pas été très simple de gérer ça. A la maison, rester isolé dans ma chambre ; il y avait des gens qui étaient à mon service. Je tiens à dire quand même que la forme de Covid-19 que j’ai attrapée n’était pas inquiétante et que, à la maison, ceux qui étaient autour de moi, on était quand même sept, personne n’a eu de signe. Donc, certainement des porteurs sains. C’est une période qui a été difficile, avec des pertes sentimentalement qui affectent. On a essayé de positiver autant que possible la situation pour espérer, essayer de repartir du bon pied, après cette période de confinement. La réouveture à la vie, avec cette sortie du confinement progressive nous a permis de nous rendre compte que nous n’étions pas grand-chose, même s’il y a encore des erreurs qui sont commises par les populations.

Propos recueillis par Boney Philippe et retranscrits par Achille Chountsa

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