Patrimoine : Le boulevard du roi Njoya inauguré

C’était hier à Tsinga dans l’arrondissement de Yaoundé 2 en présence d’Ibrahim Mbombo Njoya l’actuel roi des Bamouns.

Hier était jour de fête pour les peuples bamoun, nso et mbamois, issus du même ancêtre tikar. En ce jour de la célébration mondiale de la famille, ceux du département du Mfoundi se sont rassemblés au lieu-dit Tsinga-Apme pour la présentation officielle de la plaque commémorative du « Boulevard Sultan Njoya Ibrahim ». Une belle route qui va du carrefour Niki-Mokolo au carrefour Camp-sic Tsinga dans l’arrondissement de Yaoundé 2ème. Dès 6h, les tambours de fête ont sonné. Les populations se sont d’abord réunies autour d’une activité d’investissement humain en faisant la propreté dans les environs. Par la suite, une cérémonie emprunt de solennité a réuni du beau monde sur l’esplanade de l’Agence de promotion des petites et moyennes entreprises (Appme).

Au premier rang, à côté d’Ibrahim Njoya, l’actuel roi des Bamouns, Camille Mouté à Bidias présent sous sa casquette de président des patriarches du Mbam, Sehm Mbinglo, roi des nso, le maire de Yaoundé 2, Yannick Martial Ayissi. De l’émotion, un sourire pouvait se lire sur les visages au moment de retirer le ndop recouvrant la plaque commémorative. « Notre action de ce jour part d’un constat. Le boulevard sultan Ibrahim Njoya n’était pas très connu sous ce nom des habitants de Yaoundé. Même les riverains de Tsinga et de Mokolo, l’un des plus grands marchés d’Afrique centrale n’en savaient rien. Nous avons voulu corriger cela. Il s’agit aussi de célébrer nos héros nationaux. D’autres parts, il faut construire un cadre propice pour les populations », a expliqué Suzanne Njankouo, la présidente de l’association Finshay, la branche bamoun de l’association « Les Mandjara » qui elle-même réunit les trois familles bamoun, mbamoise et nso.

Pour cette promotrice culturelle, le baptême de ce boulevard en mémoire du roi Njoya Ibrahim est la preuve que « le vivre-ensemble n’est pas une chimère au Cameroun mais une réalité du quotidien », affirme Suzanne Njankouo. « Pour cet événement nous avons d’ailleurs invité les descendants du roi Charles Atangana qui ont accueillit le roi Njoya dans son exil, et ceux de sa majesté Zogo Kouna Ngono, chef supérieur des Manguissa qui avait nourrit le roi Njoya avec son riz semé dans la vallée Oloes Zogo, connue aujourd’hui sur le non du quartier Olezoa », apprend-t-on de l’Association Finshay. Cette journée a permis de célébrer un monarque dont l’intelligence continue de marquer les esprits. Des jeunes ont été initiés à l’écriture qu’il a inventée et le savoir-faire du tissage à la main partagé pour que perdure la tradition.

Elsa Kane

Culture

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