Prix Orange du livre en Afrique : Le sacre de Djaïli Amadou Amal

Mercredi 22 mai au soir, et à la faveur d’un gala à Yaoundé, la Camerounaise a été récompensée pour son roman « Munyal, les larmes de la patience », un plaidoyer pour les droits des femmes.

L’écrivaine Djaïli Amadou Amal s’est à nouveau illustrée sur la scène littéraire africaine en remportant, mercredi 22 mai, le Prix Orange du livre en Afrique (Pola). Ceci, un mois tout juste après avoir remporté le Prix presse panafricaine 2019. L’histoire retiendra aussi que l’auteure camerounaise est la 1ère lauréate de concours destiné à célébrer les écrivains et l’édition du continent et d’une valeur de 10.000€ (6.500.000 F Cfa). Avec « Munyal les larmes de la patience », édité par Proximité en 2017, le lecteur pénètre dans l’intimité de trois femmes (deux adolescentes et une femme pour être exacte). Ramla et Hindou, 17 ans, et Safira, 35 ans, mariées de force et privées d’éducation scolaire. Au quotidien, elles subissent des violences physiques et morales de la part du père, des oncles, des frères et du mari sous le regard indiffèrent des autres femmes.

Elles n’ont que des devoirs et aucun droit. On leur interdit même de pleurer leur souffrance. Elles doivent endurer le martyr en silence comme le veut la tradition du « Pulaaku », le code de comportement obligatoire que doivent observer les peuls. « Munyal ma fille (patience en peul), telle est la seule valeur du mariage et de la vie », dit d’ailleurs Alhadji Boubakari à ses filles au moment de les donner en mariage (P20). Tel est le contenu de cet émouvant roman plébiscité par un jury international présidé par l’écrivaine franco-ivoirienne Véronique Tadjo, Grand prix littéraire de l’Afrique noire en 2005. Jury composé de Kouam Tawa (Cameroun), Mohamed Mbougar Sarr (Sénégal), Michèle Rakotosson (Madagascar), Fawzia Zouari (Tunisie), Yvan Amar, Valérie Marin

La Meslée et Nicolas Michel, (France). Selon les jurés, plus que le thème, c’est la manière dont l’auteure s’approprie la question des violences faites aux femmes qui a fait la différence. Véronique Tadjo a salué le travail d’une auteure à la plume forte, au style narratif original. La concurrence était pourtant rude. Cinq autres auteurs de l’Afrique de l’Ouest et du Maghreb étaient aussi en lice. « L’amas ardent » de Yamen Manaï, édition Elyzad (Tunisie), « Chairs d’argile » de Salima Louafa, édition Afrique Orient, (Maroc), « La Rue 171 » de Pierre Kouassi Kangannou, édition Eburnie (Côte d’Ivoire), « A l’orée du trépas » de Khalil Diallo, édition Harmattan, (Sénégal) et « Même pas mort » de Youssouf Amine Elalamy.

Édition Le Fennec, (Maroc). Des textes de grande portée abordant les problématiques de l’heure : terrorisme, droit de la femme, politique, religion et guerre. Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt, le ministre des Arts et de la culture s’est dit heureux du sacre de Djaïli Amadou Amal. Selon lui, il traduit « la vitalité de la littérature camerounaise que le gouvernement accompagne à travers diverses actions ». Le Pola était d’ailleurs placé sous le haut patronage du président de la République, Paul Biya. Face à la presse, Frédéric Debord, le Pca de la Fondation et Dg d’Orange Cameroun a révélé que l’organisation ce 1er Pola à Yaoundé a été obtenu de haute lutte. 15 autres Fondations pays étant en lice. Au final, en plus de son prix de 10.000 €, Djaïli Amadou Amal va bénéficier d’une campagne de promotion de son roman.

Elsa Kane

Culture

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