Programme d’investissement : Le plan triennal n’est-il plus urgent ?

Cinq ans après la promesse faite par le chef de l’État en 2014, les objectifs de renforcement des performances de l’économie et d’amélioration des conditions de vie des populations tardent à être atteints.

C’est un ambitieux programme d’investissements décidé par le chef de l’Etat dont la finalité est le renforcement des performances de l’économie nationale et l’amélioration des conditions de vie des populations. Il se décline en un programme d’investissements dans les secteurs tels que l’aménagement urbain, l’habitat, la santé, l’agriculture, l’élevage, les infrastructures routières, l’eau, l’énergie et la sécurité. Cinq ans plus tard, l’annonce ayant été faite au cours d’un conseil de ministre le 9 décembre 2014, qu’en est-il des objectifs assignés à ce plan dit d’urgence triennal chiffré à 925 milliards Fcfa ? Question difficile. En effet depuis lors, aucun conseil de ministre n’a suivi avec comme point à l’ordre du jour l’évaluation du plan d’urgence triennal.

Can 2019
Mais selon nos confrères d’EcoMatin,  » cet ambitieux projet, volet voirie urbaine, connaît à Douala, de sérieux goulots d’étranglement, essentiellement «financiers», apprend-on de sources autorisées. Long de 36.250 mètres linéaires, 102.954 mètres linéaires de projets routiers inscrits dans le portefeuille de la Communauté urbaine de Douala et du Plan d’urgence triennal pour la croissance et l’emploi (Planut), ont, au 31 décembre 2018, connu une attribution de marchés. Avec délivrance des Ordres de services (Os). Soit 66.304 mètres linéaires inscrits dans le budget de la Communauté urbaine de Douala et 36.250 mètres linéaires dans celui du Planut. De sources proches de ces deux dossiers, 80% des projets sont tributaires de la conjoncture économique qui frappe le Cameroun. Si pour les chantiers budgétisés à la Communauté urbaine de Douala, on enregistre péniblement 20% de taux d’exécution, tous les projets inscrits dans le Planut sont à l’arrêt. » Cette alerte date du mois d’avril dernier.

Plus grave, dans son rapport sur l’exécution budgétaire 2018, le ministère des Finances (Minfi) pose le problème de deux types de dépenses exécutées au cours de l’exercice sous revue. Le premier est lié au plan d’urgence triennal. Le second est lié aux dépenses relatives à la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN) 2019 alors attribuée au Cameroun. Le Minfi souligne que « les dépenses du Planut et de la CAN posent des problèmes de suivi et d’évaluation en raison de la multiplicité des instances de mise en œuvre des activités y relatives (Comité local d’organisation de la CAN, Comité interministériel de suivi de la CAN, Comité Planut, ministères sectoriels).» Et ajoute que « Cette situation entraine les difficultés de coordination du fait de l’absence d’une unité budgétaire unique dédiée à la réalisation de tous les projets concernés ». L’impact est considérable selon le Minfi : « L’effet est d’autant plus néfaste sur le budget étant donné que ces projets payés par le truchement des décomptes et avances de trésorerie génèrent un volume important de dettes qui requiert les couvertures budgétaires importantes ». Le Minfi pense aussi que la mise en place d’un chapitre budgétaire unique dédié à ce type d’opérations est souhaitable. Ce chapitre permettra un meilleur encadrement ainsi qu’un meilleur suivi desdites dépenses.

Taux de croissance
Problème de conception éventuellement, prolongement d’une l’idée sans doute, toujours est-il qu’au cours d’un conseil de cabinet présidé par le Premier ministre d’alors, Philémon Yang, le 21 avril 2014, le gouvernement avait annoncé l’adoption d’un plan d’urgence moins ambitieux de 343 milliards de francs Cfa, devant être implémenté après sa validation par le chef de l’Etat. Ce plan là ambitionnait de porter le taux de croissance du pays à «au moins 6% dès 2014, et d’engranger dans les années prochaines d’autres gains substantiels d’augmentation des différentes productions et de la richesse nationale». L’on avait également appris que «les actions et mesures retenues (dans ce plan d’urgence) tendent, entre autres, à améliorer le climat des affaires, moderniser l’appareil de production, renforcer l’accès et la disponibilité des facteurs de production, favoriser l’accès aux financements et accélérer l’industrialisation». Ce qui est constat, cinq ans après la promesse faite par le chef de l’État en 2014, les objectifs de renforcement des performances de l’économie et d’amélioration des conditions de vie des populations tardent à être atteints.

Claude Tadjon

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