Remboursement des frais par l’Etat : Les dirigeants de la Fécaboxe dans le piège

Ils se sont engagés à faire des prêts, mettant même en gage leur patrimoine personnel, afin que le Cameroun prenne obtienne trois qualifiés pour les J.O et ne sont pas toujours en possession des fonds dépensés.

Les prochains Jeux olympiques ont connu certes un report. Ils n’auront plus lieu du 24 juillet au 09 août 2020 à Tokyo. Mais se tiendront tout de même plus tard. La fédération camerounaise de boxe (Fécaboxe) avait déjà qualifié trois boxeurs qui représenteront le Cameroun à ces Jeux olympiques. Albert Mengue Ayissi (69kg) médaille d’or ; Maxime Djeyo (91kg) médaillé d’or et Wilfried Seyi chez les 75kg. C’était à l’occasion du TQO (Tournoi de Qualification olympique) qui a eu lieu à Dakar en mi-février dernier. Les succès à ce TQO ont fait oublier que c’est de justesse que la délégation camerounaise a pu rallier Dakar pour prendre part à cette compétition. Mais, les dirigeants de la Fécaboxe, ne doutaient pas un seul instant qu’à ce jour, ils ne seraient pas encore rentrés en possession des fonds qu’ils ont obtenus suite à des prêts chez des privés, avec leur patrimoine personnel en gage, pour que le déplacement de la délégation camerounaise soit possible.

« La fédération était obligée de se battre seule, parce que la compétition se déroulait en début d’année et nous avait-on dit, à cette période, les engage ments ne sont pas encore faits et le budget n’est pas encore exécutoire. C’est pour cela que la Fédération a pris sur elle de préfinancer. Nous n’avons pas une caisse dans laquelle on puise. Mais, on a pris des dispositions en s’engageant auprès de certains prestataires et de certaines personnes qui pouvaient nous trouver de l’argent liquide pour nous permettre de payer les frais de séjour de la délégation. Nous avons même engagé notre patrimoine personnel pour pouvoir participer. On n’avait pas le choix. Dès lors qu’au ministère, on n’avait pas une opportunité pour avoir cet argent, on était obligé de se lancer dans des opérations de quartier pour y arriver », explique André Basile Kalong, le secrétaire général de la Fécaboxe.

Sauf qu’au retour rien n’a avancé malgré les instructions données par le Pr Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports à ses collaborateurs, le 06 mars 2020, de diligenter le payement de ces frais engagés, lorsqu’il recevait la délégation qui était à Dakar. « Nous avions exprimé cette doléance à son endroit. Séance tenante, le ministre a donné des instructions fermes devant tous les directeurs. Mais, plus de deux semaines après rien mais alors rien du tout n’a été fait. Aucun document n’a été signé. C’est ça qui nous fait sortir de nos gons pour attirer l’attention, sonner l’alarme pour que les uns et les autres sachent que nous sommes dans le désarroi. Nous avons fait recours à des usuriers, en donnant comme caution notre patrimoine. Nous interpelons les personnalités impliquées pour que cette situation soit résolue », crie le secrétaire général de la Fécaboxe.

Attendue à Dakar le 17 février, c’est finalement le 18 que deux responsables de la délégation camerounaise sont arrivés. André Basile Kalong et de l’entraîneur coordonnateur national Justin Tchuem, alors que la réunion d’engagement, celle d’enregistrement et la réunion technique de la compétition s’étaient déjà tenues. Le Cameroun a d’ailleurs été frappé d’une sanction pécuniaire pour cela. Les athlètes ont pu rejoindre Dakar alors que la compétition commençait déjà, grâce aux moyens obtenus chez des privés. Malgré les médailles et les tickets de qualification obtenus, les athlètes ont été obligés de faire la manche pour rejoindre chacun son domicile une fois arrivée à l’aéroport international de Douala, en provenance de Dakar.

Des dépenses de souveraineté en priorité
Au ministère des Sports, plusieurs responsables contactés n’ont pas souhaité s’exprimer sur ce dossier. Mais, ont rassuré que ce dossier de la Fécaboxe est bien connu. « D’ailleurs, plusieurs Fédérations sont dans cette situation depuis. Les dossiers de payements sont traités au niveau du Premier ministère. C’est là-bas que tout se décide », nous indique une source sous anonymat au ministère des Sports. Avant d’ajouter : « J’ai personnellement conduit une délégation du Cameroun à une compétition à Lomé au Togo en 2018. Avec les retards dans les décaissements de fonds, j’avais engagé mes propres économies, plus de deux millions FCfa, dans l’espoir d’être remboursé au retour. Mais, à ce jour, rien n’a été remboursé, même si je sais qu’un jour ou l’autre ce sera fait.

Tout comme le remboursement de la Fécaboxe. L’Etat semble privilégier en ce moment les urgences, les dépenses de souveraineté. Il y avait les préparatifs du Chan. Malheureusement il n’a plus eu lieu, du fait de cette épidémie du coronavirus au Cameroun. L’Etat doit orienter maintenant ses dépenses vers cette situation grave et urgente. Que les responsables de la Fécaboxe patientent un peu », croit savoir notre informateur. « Au-dessus des Jeux olympiques, il n’y a pas une autre compétition. Donc vivement, que cette situation soit réglée afin que les boxeurs, qui communiquent avec ceux des autres pays, sachent quand même qui ont défendu les couleurs de leur patrie, qu’ils méritent des honneurs qui leur seront rendus », plaide André Basile Kalong.

Achille Chountsa

Sports

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