Santé : Couches jetables, ce qu’il faut savoir

Malgré la levée de sanction pour certaines sociétés par le ministre du Commerce, lesdites couches se font encore rares dans les marchés.

Dans la plupart des marchés et supermarchés de la cité capitale ce lundi, 25 février 2019, les couches jetables sont introuvables. De même, les commerçants ambulants de couches vendues au prix de 50f et 100f ont déserté les rues. Au Marché Mokolo, Willy est le seul commerçant de produits de layette qui se trouve en possession de quelques paquets de couches jetables de marque Joy Links. Les autres quant à eux, ont peur de reprendre la commercialisation, suite au récent communiqué de presse du ministre de Commerce portant interdiction de manière provisoire de l’importation des couches jetables au Cameroun. Un tour au secteur des grossistes de couches de ballots de friperies nous permet de confirmer cette absence sur le marché.

<< Nous ne vendons plus les couches jetables depuis une semaine déjà. Les agents du ministère du Commerce sont passés faire un contrôle dans les boutiques de layette et ont saisi les marchandises >> explique Julio Kamdem, vendeur de produits pour nouveau né au marché mokolo. Un peu plus loin, dans un supermarché de la place, le rayon layette est marqué par l’absence des couches jetables. Joseph Tchakounte, responsable du supermarché confie: << Nous n’avons plus de stock de couches jetables. Après le passage des agents du ministère du Commerce, nous avons retiré ces couches de nos rayons. Nous avons reçu des menaces de ces agents, et ne sommes pas prêts à vendre à nouveau ces produits>>. Willy, explique que malgré l’alerte du ministre, il ne peut se passer de la vente de ces couches. Car, c’est le produit le plus demandé par les femmes après les biberons. << Je garde mon stock de couches jetables au magasin. Quand une cliente en a besoin, je vais chercher et reviens discrètement le lui donner>>, confie Willy.

Tout porte à croire que la plupart des commerçants de produits pour bébés ne sont pas au courant de la nouvelle mesure prise par le ministre du Commerce, qui mentionne la liste des couches désormais acceptées dans les marchés. Marie Zang, vendeuse au marché central de Yaoundé, exprime son étonnement. << Je n’étais pas au courant de cette information. Je suis agréablement surprise car je pourrais relancer mon marché. Même si ce ne sont que certaines marques qui sont autorisées, au moins je pourrais vendre les couches tant demandées par les mamans>>. Du côté des consommateurs, la joie est tout aussi perceptible. Cynthia, maman d’un bébé de six mois révèle que << ces une semaine sans couches jetables était un calvaire. J’ai déjà les ampoules aux mains à force de laver les couches en coton. Si c’est avéré que certaines couches jetables sont de nouveau autorisées, c’est que c’est une très bonne idée. Je vais tout de suite aller en acheter et même faire des provisions pour les semaines à venir.

Même si je ne trouve pas la marque utilisée par mon bébé, je prendrais une autre. Mes doigts ont assez souffert comme ca>>. Pendant que certains se réjouissent du nouveau communiqué de presse du ministre du Commerce, d’autres par contre expriment leur mécontentement. C’est le cas de Isidore Djakou, informaticien, qui << regrette le fait que ces couches soient de nouveau autorisées à être commercialisée. Elles contribuent à rendre les femmes paresseuses. En plus, les études ont montré qu’elles sont dangereuses pour la santé des enfants. Alors, je souhaiterais que ces couches soient définitivement bannies de nos marchés>>. << Je n’ai jamais utilisé les couches jetables. Mes trois enfants ont porté les couches en coton, et je n’en suis pas morte. D’ailleurs, c’est à travers ces dernières qu’on détermine la propreté d’une femme. Nos mamans nous ont élevé avec les couches coton, et nous n’avons eu aucun soucis de santé. Pourquoi mettre la vie de nos enfants en danger par soucis de facilité?>> renchérit Madeleine, enseignante.

Du côté du ministère du commerce, des mesures sont prises afin de s’assurer du retrait effectif des couches non autorisés du marché. Des équipes sont déployés sur le terrain depuis le 13 février dernier. Les marques de produits ci-après, distribuées par les sociétés dont les noms suivent, peuvent être commercialisées sans risque pour la santé de leurs utilisateurs : Société Sitracel (marque Sita), Établissement Auguste et frères (Blessing Baby Diapers), Société Euro Cosmetics (Moby Nursy), Société Latunji Motayo (Moflix Diapers), Société Amazon Cameroun Sarl (Giggles), Société Dee Lite Sarl (Molfix couches Bébé et Liberto peau douce), Société Biopharma (Moby Bébé), Société international Trade (Oridel et Luna Baby), Société Tchin PAS Sarl (Joy Links) et Société Homebro Cameroon Ltd (Softcare Diaper). Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce, explique que ces marques ont été autorisées à être commercialisées suite à des études sur la traçabilité technico-réglementaire des couches jetables infantiles faites au Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d’expertise (Lanacome). Le ministre du Commerce précise que: << L’examen de cas se poursuit pour les autres sociétés distributrices, au fur et à mesure de la présentation des dossiers. Les résultats en découlant seront communiqués au public au cas par cas, en temps réel>>.

Murielle Tchoutat

Santé, Une

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