Santé publique : Une coalition nationale contre le palu

Face à la maladie qui progresse, la société civile entend engager l’Etat, les privés, les communautés et l’ensemble des citoyens.

Le paludisme revient en force au Cameroun. La fièvre se répand dans la population chaque jour un peu plus. Plus de 3 000 morts enregistrés en 2018. Les nouvelles statistiques encore confidentielles ne sont pas bonnes. Deux millions de cas étaient déjà diagnostiqués en moyenne chaque année. En 2014, le paludisme était déjà la cause de 30% des consultations et 46% des hospitalisations. Chez les enfants de moins de 5 ans, le palu représente jusqu’à 43% des consultations. Aujourd’hui, le Cameroun demeure dans le top 10 des pays les plus touchés dans le monde.

Alors que la maladie gagne du terrain, les financements pour la lutte se font rares au niveau international. Le gouvernement refuse toujours de consacrer 5% de la richesse nationale à la santé. Les appuis du Fonds mondial diminuent et deviennent de moins en moins certains. Il y a urgence à redynamiser la lutte. Ce 25 avril 2019, est lancée à Paris le premier réseau mondial de la société civile pour l’élimination du paludisme. Il faudra se familiariser avec l’acronyme anglais CS4ME (Civil Society For Malaria Elimination). Son lancement a lieu symboliquement en cette journée mondiale de lutte contre le paludisme.

L’engagement du Cameroun se voudra fort car, c’est une de ses filles, Olivia Ngou, qui assure la coordination mondiale du CS4ME. Le réseau mondial se met en place au même moment que les coalitions nationales. Celle du Cameroun naît donc ce 25 avril 2019. Elle entend regrouper toutes les organisations de la société civile au sein d’une plateforme ouverte aux communautés qui sont les véritables victimes du paludisme. Pour adhérer, il suffit donc d’être un acteur de la lutte contre cette maladie. «La coalition nationale est un relai du réseau mondial. Mais nous allons mener des actions naturellement adaptées aux préoccupations locales.

Nous allons aussi mobiliser toutes les forces afin qu’elles s’agrègent à la nouvelle dynamique mondiale de lutte »,explique Marie Solange Ngoueko, présidente de l’Ong PHICC qui réunit des scientifiques, des chercheurs et des acteurs du monde sociosanitaire évoluant en Afrique Centrale, offrant leurs services et leurs expertises dans le domaine de l’éducation, de la santé et du développement social. Cette organisation compte parmi les premiers membres de la coalition nationale de la société civile pour l’élimination du paludisme.

Marie Solange Ngoueko précise que le plaidoyer vise quatre entités. Les dirigeants de l’Etat doivent tenir leurs engagements à lutter contre le paludisme. Les privés sont attendus avec leurs investissements. L’apport du monde académique porte sur la recherche innovante. Enfin la société doit, plus que jamais, harmoniser ses actions, pour mieux engager les communautés et l’ensemble des citoyens. C’est ainsi qu’il faut comprendre le thème «Zéropalu! Je m’engage! »

Assongmo Necdem

Santé, Une

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *