Sanzy Viany : Architecte de la «métropolisation» du bikutsi

« L’astre solaire » de la Lékié, double finaliste du concours Rfi musique, a liquidé les frontières folkloriques du bikutsi, opérant en même temps un dépassement de l’hybride et du multi culturel pour produire une architecture sonore située aux confluents de l’ethno-jazz, de l’ethno world, du rock, du Rnb ou de la bossanova. Cette révolution esthétique et cette dissidence symbolique l’auréolent alors du titre d’architecte de la « métropolisation » du bikutsi faisant de ce rythme entre ses mains un carrefour sans territoire.

«Maman je suis fière de toi. » Ce sont les paroles enveloppées de larmes de Sandrine Dzinguene alias Sanzy Viany en ce samedi 31 mars 2019 au quartier Émombo à Yaoundé. Sa mère Atangana Philomène, née le 09 février 1957 à Voa II par Okola, étendue dans un cercueil en bois précieux surmonté de vitres transparentes s’apprête à disparaître définitivement du regard des mortels. Décédée quelques jours plus tôt, celle qu’on surnommait affectueusement « Margaret Thatcher » du fait de sa force de caractère laisse à Sanzy Viany une autre blessure de l’existence ; une de plus, une de trop pour la jeune trentenaire… Sa mère retourne à la terre quatre jours après l’anniversaire de la jeune star. Elle, qui vit le jour le 27 mars 1986 à Yaoundé, voulait pourtant à sa génitrice un témoignage en do majeur en cette sombre journée. Elle se perdra en sanglots amers… Elle va s’effondrer sur sa bougie d’anniversaire criblée par les douloureux stigmates
d’un destin injuste.

Une sensibilité à l’extrême
Quatre ans en arrière, dans la nuit helvétique du Canton de Neuchâtel en août 2015 elle laissait encore parler cette sensibilité. Son regard s’était brusquement éteint quand je lui ai parlé de la misère de certains de ses talentueux aînés dans le bikutsi. Nombreux sont ceux qui ont quitté ce monde dans un sarcophage de quelques planches en guise de cercueil. Ultime poésie obscure d’une carrière éclatante s’achevant dans le trouble de l’ingratitude d’une vie aussi dorée que cruelle. Sanzy était émue que je lui rappelle les circonstances de la fin du prolifique Joseph Symphorien Sala Bekono parti à 43 ans, (voir le Quotidien Mutations du 24 mai 1999) ou du dénuement de la famille de Messi Me Nkonda Martin en ce moment :
« Je n’étais pas au courant de cette misère des artistes du bikutsi. Je suis triste, très triste. J’ai appris ce soir des choses que je ne savais pas. C’est triste et c’est honteux. C’est très dommage de faire rêver plusieurs personnes et de finir comme un chiffon ! Les mots me manquent. Je ne sais pas ce que le Ministère de la culture fait pour les icônes. On doit pouvoir savoir qui est dans la détresse. J’aimerais bien savoir si rien n’est prévu. C’est triste d’apprendre que les aînés meurent dans la misère. J’ai un peu honte de découvrir de telles choses à des milliers de kilomètres, loin de mon pays le Cameroun. »

La même tristesse la submerge quand je lui lis des extraits d’une interview de l’artiste Atango de Manadjama se répandant en jérémiades au sujet des droits d’auteur. (Voir le quotidien Le Jour du 27 mai 2015, p.2) « Je ne savais pas, j’ai vraiment honte, confessera-t-elle plusieurs fois. » Sanzy Viany est ainsi, touchante à l’extrême. Sa musique, un bikutsi mâtiné de jazz, de blues, de gospel et parfois de Rnb, porte ce tempérament modéré et discret. Elle chante en langue éton, une langue du grand groupe Fang Beti Bulu, avec des textes fleuris portés par une voix cristalline. Son lyrisme rassasié de sensibilité émeut même les mélomanes les plus distraits. Elle chante sur les aigus dont elle use et abuse.

C’est sa marque déposée. L’unité polyphonique de ses mélodies appelle à écouter Sanzy Viany comme si elle n’allait jamais s’arrêter, confirmant alors bien la pensée de Wagner qui affirmait clairement que « la mélodie est la langue absolue par laquelle le musicien parle à tous les cœurs. »
Sa musique est alors pour ainsi dire, langage du cœur pour les cœurs… La jeune bohémienne à la voix lumineuse ne se plaint pas qu’on la confonde chaque fois à Sally Nyollo dont la parenté dans le style relève de l’évidence. « C’est un honneur pour moi qu’on me confonde à la grande star mondiale Sally Nyollo. Cela ne me gêne pas, au contraire, ça signifie que j’ai fait du chemin », avoue-t-elle avec modestie. Et Sanzy de continuer : « Ça me rend fière, Sally c’est celle qui a ouvert l’éton à l’international. Elle a porté la tribu et la langue au faîte du monde. Moi de la ‘’new school’’, j’ai beaucoup à apprendre. Si on me colle à elle c’est que j’ai bien travaillé. »

Chanteuse par héritage familial
En ce mois d’août 2015, Sanzy Vianny me reçoit dans une maison grouillant de monde dans un mélange composite d’Africains et d’Européens qui n’économisent en rien leur exubérance. C’est dans cette atmosphère mondaine que caresse la chaleur estivale à la confluence des deux continents que Sanzy va parler de sa vie d’artiste, de ses débuts, de son évolution, de sa famille, de ses idoles et enfin des blessures personnelles…
Enfoncée dans un canapé aux coussins profonds d’un vert écologique, elle libère la parole avec clarté, sincérité et logique. Sanzy Viany est donc chanteuse par héritage familial, elle l’est aussi par talent et par destin. Son parcours témoigne pour elle. Née d’une fratrie d’une dizaine d’enfants, Sandrine Ndzinguene, placée à la sixième place, prend part dans sa tendre enfance aux répétitions de sa mère choriste à la fois au Monastère des bénédictins du Mont Fébé à Yaoundé et à la Voix du Cénacle du professeur Gervais Mendo Ze. Mme Dzinguene née Atangana Philomène promène sa fille dans ses prestations et répétitions.

La petite Sandrine se forme ainsi à la maîtrise du chant et tombe entre les mains de Maître Esso qui tient le Chœur Madrigal. Inscrite chez lui aux cours particuliers de musique, Sandrine se prépare à devenir Sanzy Viany. Elle s’initie au solfège et à la technique du piano pendant deux ans, entre 2002 et 2004. Ses talents personnels la classent au rang de soprano numéro un. « Maître Esso trouvait que j’étais promise à une grande carrière dans le chant lyrique. Mais en définitive je considère cela comme un don de Dieu, précise-t-elle. » Un don de Dieu mêlé à l’héritage familial. Sa famille maternelle est riche de ces cantatrices de talent si rares dans l’univers Fang-Beti-Bulu que Sandrine tient à la rappeler : « ma mère, ma grand-mère et mon arrièregrand-mère étaient des grandes cantatrices. Le chant est une tradition chez nous. Je suis de la quatrième génération qui en a fait tout un métier.»

Éloge du nomadisme scolaire
Sandrine Dzinguene révèle qu’elle écrit ses premiers textes dès l’âge de neuf ans en rêvant de conquérir le monde. Au gré des affectations de son père, la petite adolescente traverse le Cameroun et multiplie ses passages dans plusieurs établissements scolaires : Centre communautaire de l’enfance chez les filles de Marie à Yaoundé au nouvel échangeur de Nlongkak ; Ecole de la Sonara à Limbé dans le Sud-Ouest du Cameroun ; Lycée d’Anguissa ; Lycée bilingue de Yaoundé ; Collège Mongo Beti à Yaoundé… Le plus étonnant chez Sanzy Viany c’est qu’elle ne tremble pas devant la feuille d’examen. Sa plume est rigoureuse et féconde. Elle aligne les notes en classe comme sur une portée musicale. C’est finalement au Lycée d’Anguissa à Yaoundé qu’elle est lauréate du baccalauréat littéraire en 2004. Elle a passé un deal avec ses parents ; si elle s’applique à l’école, une large liberté lui sera donnée à poursuivre ses cours de musique et à se consacrer à cette passion. Assidue, classieuse et douée, Sandrine fait irruption à l’Université de Soa et brandit aujourd’hui une maîtrise en droit des affaires.

« J’ai écrit mes premiers textes dès l’âge de neuf ans, confesse-t-elle avec modestie. Entre 2002 et 2004, je fais des cours de solfège sous le regard de maître Esso. Je prends part aux répétitions du Cœur Madrigal au registre soprano numéro un. Je chante vraiment dans les aigus et la maîtrise et les dispositions naturelles dans ce registre du chant amènent maître Esso à m’avouer que j’avais une cage particulière pour m’imposer dans la technique du chant avec toutes les modulations possibles de la voix. J’y ai cru et travaillé en conséquence et voilà le résultat aujourd’hui. » Sandrine a la tête pleine de projets et de rêves. Elle écrit autant en français qu’en langue éton. Elle apprend les usages et la rhétorique de cette langue dans le cocon familial ; sa tante et sa mère disparue veillent au grain. « Je voulais être un modèle pour les jeunes qui parlent éton. Je voulais être très tôt une identité remarquable, une vraie fierté pour ma patrie et ma tribu. Je parlais éton même à l’école et écrivait cette langue partout, même sur mes bancs de classes. »

Un talent précoce
Au Cameroun, Sandrine n’est pas insensible à la kyrielle de belles voix qui inondent la scène musicale. Avant Annie Anzouer et la doyenne Anne-Marie Ndzié, elle classait sa maman. « C’est la meilleure», murmurait-elle il y a encore peu. En Afrique, elle apprécie le groove de Kadja Nin, la jeune Burundaise. Dans le monde, Mariah Carey et Withney Houston ne la laissent pas indifférente. Elle apprécie le jeu de leurs cordes vocales qui déchaînent des milliers de fans partout. Riche de sa dizaine de frères et de sœurs, Sandrine veut briller comme l’astre solaire. « Maman qui aime prophétiser disait que je serai le soleil et que mon destin était de briller », soupiret-elle avec un accent romanesque. Sanzy, la fille de Dzinguene Bonaventure et d’Atangana Philomène, est ainsi devenue Viany comme le soleil, « vian » en langue éton. Sanzy est le diminutif de Sandrine. Elle réconcilie ainsi dans sa personne la splendeur du soleil et la sensibilité romantique qu’elle a donnée à son prénom Sandrine en le dérivant en Sanzy. Mais ce ne fut pas facile. Il fallait concilier les études avec son rêve et sa passion naissante. Dès l’âge de 15 ans, Sanzy est déjà sur les feux de la rampe. Elle chante sur scène aux côtés des artistes confirmés et de certains groupes de musique camerounais très en verve. Sa première prestation publique remonte à 2007. Elle s’en souvient : « J’étais submergée par un flot d’émotions. Inoubliable, ce jour… »

Une intellectuelle assumée
Sanzy Viany aime l’école et l’école aime Sanzy pourrait-on dire. Sa large amplitude discursive lui a donné d’offrir au bikutsi après Sally Nyollo, les Têtes Brûlées et Vincent Nguini un horizon planétaire qui offre à cette musique les ressources sonores et critiques valorisant notre culture. Elle explique son parcours :
« Concilier les études et les répétitions ne fut pas évident. Mes parents me serinaient chaque jour que tout devait se faire après l’école. Je m’arrangeais à faire mes devoirs selon ce contrat tacite avec maman. C’était plus compliqué quand j’ai commencé à faire la scène. Je bûchais même en plein voyage à l’étranger. En faculté, je me faisais très discrète et toute simple pour ne pas attirer les regards sur moi. Je faisais tout pour raser les murs. Je ne voulais pas être aimée parce que je devenais une star. Je chéris beaucoup la vie normale pour me laisser distraire par les feux de la célébrité et la vie de paillettes. Je suis Sandrine hors de la scène et Sanzy sur les planches.

À 15 ans j’accompagnais déjà les chœurs avec le rappeur Crotale, la chanteuse Danielle Eog, la star Sissy Dipoko, le groupe Macase avec son leader Ruben Binam. J’ai donc 19 années de carrière dont onze sur la scène proprement dite. Grâce à Dieu, j’ai débuté en faisant le plein de la salle à l’IFC, (l’Institut Français de Yaoundé.) » Malgré tout le temps que lui prend sa carrière musicale, Sandrine n’a pas rompu avec les études. Elle rêve aujourd’hui de se spécialiser en fiscalité. En fait, la jeune femme aime la musique et l’école. « Et comme la musique est jalouse, je lui consacre du temps. Ma vie c’est Dieu, ma famille, la musique et l’école », ajoutet-elle. Du lyrisme que dégagent ses chansons avec sa propension aux aigus qui touchent les profondeurs des âmes mélodieuses, Sanzy confie que ce style qui lui est particulier est venu jusqu’à elle. « C’est le style qui m’a choisi je compose ce qui me vient à l’esprit », souffle-t-elle. Sanzy a intellectualisé le bikutsi en lui apportant la finesse dans les textes, la régularité dans le flot du chant et la souplesse dans le beat. Bref, c’est un jazz forestier illuminé par les maracas et les vents Dépassement des talents transgressifs et « métropolisation » du bikutsi

« Ce qu’on pourrait appeler musiques « métropolisées » sont alors ces musiques qui naissent de l’éclatement des cultures au sein des grandes villes. Les cultures d’horizons multiples finissent par faire bien plus que cohabiter ; elles vivent en concubinage, par nécessité, par obligation, par envie, par besoin, par osmose, dans la rage et le désespoir mais aussi dans la rencontre et l’espoir. » (Etienne Bours, 2002, p.4). Chacun sait donc que la culture Fang Beti Bulu d’où est extrait le bikutsi est aujourd’hui une culture éclatée au sein des grandes métropoles d’Afrique et du monde. Sensible à cet éclatement, Sanzy Viany s’est emparée de sa dimension folklorique pour le déflokloriser au contact d’autres cultures et rythmes, dépassant l’hybride et le multiculturel pour le situer dans une culture internationale, planétaire, mondialiste : culture du son, d’éléments épars et hybrides. En fait le bikutsi de Sanzy Viany, comme toutes les autres musiques
« métropolisées », se nourrit de tous ces éléments pour les digérer en expression multiples mais toujours au ras des pavés, toujours en prise directe avec une réalité sociale, avec un environnement de vie, un contexte. » ( Cf. Ibid.,) À cet effet les titres de ses chansons et de ses albums en disent bien long ; il s’agit la plupart de temps des réalités locales avec un mélange de sonorités lointaines, mondiales.

Cette dissidence symbolique a donné à cette artiste de dépasser les talents transgressifs de ce rythme qui nourrissent leurs textes d’une violente propension à la grivoiserie et, sans exagération, au putride. Sanzy, féconde en créativité, sort l’album Akouma (La richesse) en mars 2009, comme pour couronner la fin de ses études de droit à l’Université de Yaoundé II-Soa. Quatre ans plus tard, elle revient avec son deuxième album, « Ossou » ( En avant), un chef d’œuvre de treize titres parmi lesquels « Abui Ngan » qui signifie merci. Une gratitude au Seigneur de qui elle tient tout. Blessée de la vie avec la disparition brutale du père de son enfant, le petit Phil Heaven Elohima, Sandrine n’a pas laissé mourir le soleil dans son cœur. Elle veut aller de l’avant malgré les tourments du destin :
« Ossou » signifie en langue éton « devant » ou encore « en avant ». Alors à cette volonté de diffuser la joie de vivre, ce nouvel album prône également l’ambition, la rage de se battre sans nuire à autrui, pour réaliser ses rêves malgré les difficultés. Il est à l’image de la jeunesse camerounaise qui est face à plusieurs difficultés, mais qui doit garder l’espoir et se battre car nous sommes le « fer de lance de la Nation » (voir Weekend du 26 septembre 2014).

Rédemption du bikutsi subalterne
La « métropolisation » du bikutsi chez Sanzy Viany passe par un long travail de purification. Outre le bannissement de l’impudicité dans ses textes, la jeune artiste a aussi essayé de faire oublier les chorégraphies voluptueuses qui inondent cette musique. Aux paysages bucoliques et aux scènes forestières, elle a superposé des flots d’images colorées avec des caméras haute définition, offrant un soleil d’images sur une voix caramélisée. Ses clips en sont un grand reflet ; audace des séquences, inventivité captivante des mises en scène ; c’est un vrai mélange d’art surréaliste adossé sur un cocktail d’émotions, le tout pour une récréation des yeux et des oreilles. Et elle de clamer : « J’ose les couleurs chaudes. Fini le jaune absolu, maintenant Sanzy Viany ose la saumon, le bleu, le vert-citron, le rose… Bref les couleurs qui reflètent la vie, la joie… » (Voir Week-end du 26 novembre 2014).

Ainsi, sous le socle culturel du bikutsi, Sanzy est allée à la conquête des techniques du monde en arrachant ce rythme à la subalternité à la laquelle veulent le confiner certains tribuns de brasserie. « Dans mon cas personnel, combien de fois j’ai été interpellée par certains amis et un entourage artistique me claironnant de faire le bikutsi que le peuple aime pour que je sois populaire. Entendu, bien sûr, un bikutsi salace arrosé de paroles obscènes. Certains me demandent carrément de changer de bord et de verser par exemple dans l’afro-pop. » Sandrine, dans cette conversation ouverte, avec pudeur et retenue, ressasse les contours des difficultés du bikutsi aujourd’hui. La soprano souligne fort bien que si ce rythme a connu un grand tournant vers la moitié de la décennie quatrevingt avec l’irruption tonitruante des Têtes brûlées de Jean-Marie Ahanda sur la scène nationale et internationale, il semble bien essoufflé, victime de ses propres maux.

« Le bikutsi est désormais, à l’image de toute la musique camerounaise, appelé à s’ouvrir d’avantage. Il faut sans doute mettre sur pied une nouvelle politique culturelle pour sauver toute la musique camerounaise afin que celle-ci réponde à tous les défis liés à la modernité. Je précise bien que les bikutsi n’est pas le seul rythme qui souffre de son amateurisme, de l’indigence de ses textes et autres récriminations. Une nouvelle politique culturelle sauverait à coup sûr tous les rythmes qui font la fierté de notre identité nationale. »
La double finaliste du Concours
de musique Rfi 2010 et 2015 continue de parcourir le monde avec sa voix chaleureuse et doucereuse. Elle n’est qu’au début d’une carrière qui se dessine riche. Son foulard noué à la manière d’une déesse africaine surplombant toute la scène lui donne souvent l’air de la femme d’un pharaon égyptien. Elle garde le secret de sa réussite, au-delà de ce qu’on sait, comme si ce fut le secret de la construction des pyramides …

Abbé Janvier Nama Docteur en philosophie

Opinion, Une

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