Spectacle : Quand le mvet rencontre la harpe

En tournée à Yaoundé, le poète Cameroun Ze Jam Afane et la harpiste française Hélène Breschand ont présenté « Errances et résonances », un concert intimiste.

Le dépaysement est assuré. Le voyage musical inédit. Normal, ce n’est pas tous les soirs à Yaoundé qu’on assiste à un concert où la harpe instrument de musique à cordes de la tradition occidentale est en vedette. A la faveur d’une tournée, qui les à conduit du 28 avril au 7 mai, tour à tour au Street Corner à Nlongkak, à l’espace culturel Camaroes à Bastos, au Cipca à Emana et au laboratoire de Théâtre Othni au quartier Titi Garage, les artistes Ze Jam Afane et Hélène Breschand ont donné à voir et entendre. Une musique acoustique qui berce l’âme et donne vie aux mots.

Ces spectacles de Yaoundé ont été organisés par l’association Minkana (connu comme organisateur du festival de contes du même nom) dirigé par le conteur Azazou et le Centre Cesaré de France. Ze Jam Afane était déjà au Cameroun, l’an dernier. A la même période (mai). Une première tournée solo ayant permis au public de Yaoundé de découvrir le travail de cet artiste, doctorant en droit et diplômé en philosophie politique, qui a préféré donné libre cours à sa passion pour l’art et ses prédispositions à écrire. Un héritage légué par son papa, René Jam Afane, l’un des auteurs de l’hymne national du Cameroun.

Hélène Breschand et Ze Jam Afane, c’est une complicité artistique forte de 11 ans ayant donné naissance à « Errances et résonances ». Les rôles sont bien repartis et la symbiose est parfaite. Hélène Breschand apporte ses compositions, pose sa voix et distille les notes de sa harpe. Les textes déclamés sont de Ze Jam Afane. Sa voix est chaude. Parfois torturée. L’alchimie est parfaite car, les artistes réussissent à utiliser leur différence pour construire un monde de paix et de tolérance. Tel est le message de leur musique. « Quand Hélène entonne avec moi le chant de sa harpe, nous retrouvons un peu du mvet de nos ancêtres », affirme le poète.

Natif du Sud en pays bulu, Ze Jam Afane raconte à sa manière les épopées des peuples de la forêt sans oublier l’hommage à son illustre papa. Les yeux parfois mi-clos quand elle joue, Hélène Breschand sait l’accompagner de sa harpe dont les bruissements créent une ambiance intimiste. Cette brune aux yeux noisette est présentée par la presse française comme « une soliste internationale, compositrice et une figure emblématique de la harpe expérimentale et contemporaine ». Sa sensibilité, elle a trouvé en Ze Jam Afane. Leur « errance » artistique à travers l’Europe et l’Afrique résonne chaque jour un peu plus fort.

Elsa Kane

Culture

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *