Spectacle : Vies de femmes dans un foyer polygamique

Les deux comédiennes de la compagnie Tâllê du Burkina Faso ont presté en ouverture de la 5ème édition de Compto’Art54 à Douala, le 04 juin 2019.

Pour l’ouverture de la 5ème édition du festival Compto’Art54 ce mardi 04 juin 2019, deux femmes se présentent sur la scène de l’Institut français de Douala. C’est à Tata Cassala Bamouni et Minata Diene, deux comédiennes de la compagnie de théâtre Tâllê du Burkina Faso, qu’il revient de donner le la. Le public a droit ce soir à des scènes de vie dans un foyer polygamique. Entre disputes et insultes, les deux dames sous les projecteurs offrent au public un ensemble de proverbes et citations à l’africaine taillées à mesure, selon leurs expériences de vie et leur convenance. Les spectateurs apprendront par exemple que «c’est parce que le mur est fissuré que le lézard passe à travers». Ou encore la citation : « si tu fais semblant de mourir, on va faire semblant de t’enterrer». Comme dans tout foyer polygamique, les disputes se présentent sous plusieurs formes.

Les ruses aussi. D’un côté, Balla, le mari, s’emploie à entretenir la discorde entre ses quatre épouses pour maintenir une certaine stabilité dans la maison. De l’autre côté, chacune des femmes échafaude tant bien que mal des stratégies pour passer pour la préférée des épouses. Les conteuses Tata Cassala et Minata se glissent aisément dans la peau de chacun des cinq personnages imaginaires et racontent leur histoire, en y mêlant le langage du corps. Les gestes, les regards, la mimique et des chants en langues locales (parlées Burkina Faso) sont au rendez-vous. Quand les comédiennes ne sont pas debout, elles prennent place sur les deux tabourets disposés sur la scène. Une petite cuvette et les bouts de pagne disposés tout près complètent le décor.

L’histoire de la vie de Balla et ses quatre épouses est quelques fois entrecoupée par les conteuses qui racontent d’autres scènes comiques, mais le fil de départ reste présent. Les spectateurs sont restés pliés en quatre pendant toute la prestation des comédiennes qui a duré une heure. Tata Cassala et Minata présentaient ainsi la pièce baptisée « Polycamico» à ce carrefour international des Arts de la scène, dont le thème de cette 5ème édition est : « Arts, femmes et francophonie. Avant la fermeture des rideaux, le public a aussi eu droit à la danse contemporaine. La compagnie Ironosekai a présenté « La couleur d’un battement de cœur». Les deux danseurs, un camerounais et une française, ont transporté le public bien audelà de la différence de couleur de la peau. Le brassage des cultures, les pas de danse et les rythmes ont conquis le public qui, comme lors de la prestation des comédiennes, en redemandait encore. D’autres spectacles sont prévus au festival Compto’Art54 qui s’achève le 8 juin 2019.

Mathias Mouendé Ngamo

Culture

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