Spectacles : Veillée autour des arts à l’Ifc

Marionnette, musique, performance, dessins étaient au cœur de « La Nuit blanche » le 5 octobre. Les artistes ont permis au public de redécouvrir cet espace de façon interactive.

Un spectacle inédit se déroule devant l’Institut français ce samedi 5 octobre. Il est 18h et l’Avenue Kennedy grouille de travailleurs quittant les bureaux quand surgit en plein carrefour un groupe de 4 personnes. Deux marionnettes géantes entourent le saxophoniste Justin Zeh Bekono et le jouer de djembé Libasky du groupe « Just In Band ». Le show de rue des musiciens ravit les yeux et les oreilles, le spectacle des marionnettes amuse les enfants. Les passionnés de culture sont venus en famille, avec des amis pour vivre ce moment. « Que se passe-til ici ?», demande un jeune homme en passant devant les locaux bondés de l’IfcYaoundé. « C’est la Nuit blanche qui bat son plein », lui répond une jeune femme. Lancée en 2002 à Paris en France, « La Nuit Blanche » est « un laboratoire artistique permettant de découvrir une nouvelle vision des espaces publics grâce à l’art », explique Dulcie Bassoglog responsable communication à l’Ifc. Elle est à sa 4ème édition au Cameroun.

Avec cette liberté créatrice qui leur est chère, les artistes ont pris possession de chaque recoin de l’Institut français même les cadres qui leur sont souvent inaccessibles. Figure de proue de l’art performance au Cameroun, Christian Etongo s’est ainsi approprié la salle du Campus-France pour « Futuros-cope », sa performance militante pour l’écologie. Le temps d’une performance, Campus-France s’est transformé en espace vert où pousse des arbres. Des bougies allumées tentent de recréer une forêt enchantée. Vêtu de rouge, Christian Etongo est couché à même le sol, la tête sous une motte de terre pendant qu’une dame habillée d’une robe en plastiques recyclés lit un texte pour faire comprendre au public l’intime relation entre l’homme et la nature.

On en sort bouleversé de cette performance. Une photo booth installé dans le hall permet de retrouver sa légèreté. Les visiteurs peuvent se filmer gratuitement et à volonté. Plus loin, des mannequins coiffés de parures ancestrales et artistiques par Hermine beauty servent de guide et entrainent les spectateurs vers la médiathèque. Ici, le public est foudroyé par la puissance des mots d’Hermine Yollo. Accompagnée de 4 autres lectrices, la candidate au Prix Rfi Théâtre 2019, présente « M-119 Autopsie », son œuvre inspiré de « Mistérioso-119 » de l’Ivoirien Koffi Kwahule.

Les heures passent et l’ambiance reste bon enfant. Les artistes continuent à se déployer. Dans la salle Yannick Noah, habituellement réservée à l’administration de l’Ifc, les spectateurs assistent en direct à la réalisation de portraits sur tablette numérique. Le trait fin, Joël Ngassi et Martial Ngandé réussissent en quelques minutes à réaliser dans un style BD, le portrait d’une jeune femme, d’un ado, d’une fillette et d’un bébé. L’univers de la BD fait ensuite place à la salle de conférence où le plasticien et photographe Romuald Dikoumé balade le monde dans son « Labyrinthe », une installation où des personnages sont représentés en ombres chinoises. Une plongée dans la nuit. Celle qui rapproche l’artiste de son public.

Elsa Kane

Culture

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