Stéphanie Dongmo : “Améliorer des vies à travers le cinéma”

La présidente de Cinéma numérique ambulant présente le projet ‘’Ciné débat pour la paix’’ et l’importance de cet art dans la cohésion sociale.

Le Cinéma numérique ambulant vient d’organiser une conférence de presse au Musée national. Quel était l’objectif de cette rencontre avec la presse ?
Il était question pour le Cinéma numérique ambulant de présenter le projet ‘’Ciné débat pour la paix’’ qu’il met en place à partir de ce mois de septembre jusqu’en novembre 2020. Pendant 15 mois, nous allons organiser des activités pour appeler à la cohésion sociale et promouvoir la diversité culturelle dans notre pays. Ce projet va s’appuyer sur des films éducatifs. C’est sur cette thématique que nous allons acquérir auprès des producteurs des films qui concourent à la favorisation de la cohésion sociale. C’est d’ailleurs un appel que nous lançons auprès d’eux. Nous allons donner la parole à l’homme de la rue à travers des micros-trottoirs
qu’on va réaliser dans les 5 régions qui ont été retenues pour le projet. Il va exprimer ses aspirations profondes en faveur de la paix. Il s’agit des régions du
Nord-Ouest, Sud-Ouest, Ouest, le Littoral et le Centre. La question de la cohésion sociale nous concerne tous. Elle ne doit pas être seulement le fait des politiques et des administrateurs. Il faudrait que le citoyen lambda puisse également se saisir de la question. Nous allons organiser à partir de Novembre des projections cinématographiques dans les 5 régions. Des écrans seront installés dans les quartiers et écoles pour diffuser des films qu’on aura achetés. Des causeries éducatives seront également organisées avec le public. On voudrait qu’au cours de cette causerie que des acteurs religieux, chefs de villages etc. puissent se prononcer sur la crise que traverse notre pays tout en cherchant des solutions pour une paix durable. A partir de Mars 2020, nous allons avoir des conférences mensuelles dans les régions ciblées avec des acteurs publics.

Le Cameroun est aujourd’hui confronté à de nombreux problèmes sécuritaires. Quel rôle peut jouer le cinéma dans le processus de la recherche de la paix ?
Les arts et la culture ont un rôle prépondérant qui n’est pas toujours remarqué par le politique. A travers le cinéma, on peut passer des messages, promouvoir des valeurs etc. Sans avoir besoin de trop s’y étaler, le film peut aider ceux qui le regarder en face et susciter la discussion au cours d’une thématique donnée. Nous voulons pousser les uns et les autres à questionner leur quotidien, susciter les échanges autour de la paix. Le film a un impact sur les mentalités et impulse des changements sur les comportements.

Présentez-nous globalement le ‘’Cinéma numérique ambulant’’ ?
C’est un réseau d’association dont l’objet est la diffusion en salle et en plein air des films du patrimoine cinématographique africain. Au Cameroun, le Cinéma numérique ambulant a été créé en 2012. Au quotidien, nous allons dans des régions diffuser des films auprès des populations qui n’ont premièrement pas accès c’est-à-dire des populations défavorisées, dans des villages et des coins où il n’y a pas d’électricité. Nous amenons aussi des messages de sensibilisation dans les communautés pouvant les amener à améliorer leur vie. Nous travaillons sur plusieurs thématiques : santé sexuelle et reproductive, éducation, protection de l’environnement etc. Nous pensons que le cinéma est un bon canal pour impacter durablement les choses. On voudrait amener le cinéma à améliorer la vie des uns et des autres. Le Cna est désormais installé dans 7 pays : Benin, Mali, Niger, Burkina-Faso, Rca, Sénégal, Togo et récemment en Côte d’Ivoire.

Propos recueillis par S.C.P

Culture

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